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Allemagne: quand le système Volkswagen entraine la chute du père de la semaine de quatre jours

La Tribune

Publié le 18 janvier 2007 à 09:20 - Mis à jour le 23 octobre 2008 à 18:22

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Ce martin a débuté le procès de l'ancien du directeur des ressources humaines de Volkswagen. Peter Harz est accusé d'abus de confiance, notamment de primes accordées à l'ancien président du comité central d'entreprise. Il encourt une peine maximale de deux ans avec sursis.

Peter Harz, l'ancien directeur des ressources humaines de Volkswagen, écopera au plus d'une peine de deux ans avec sursis et d'une amende maximale de 300.000 euros. En contrepartie d'aveux sans condition, les jurés ont accepté ce matin au début du procès et sur proposition de la défense et du procureur général de fixer une peine maximale.

L'acte d'accusation qui court sur 63 pages reproche à l'inventeur de la semaine de quatre jours d'abus de confiance sous 44 chefs d'accusation. Il s'agit essentiellement des primes accordées entre 1995 et 2004 à l'ancien président du comité central d'entreprise, Klaus Volkert, qui était également vice-président du conseil de surveillance.

Au total près de 2 millions d'euros de primes, auxquelles s'ajoute 398.000 euros versés à sa maîtresse brésilienne pour un emploi factice sans même un contrat en bonne et due forme et plus de 200.000 euros de remboursements de frais pour ses différents voyages, cours de langues étrangères, bijoux ou autres...

Visiblement éprouvé après la lecture détaillée des privilèges accordés, Peter Harz s'est contenté de décliner péniblement son identité avant de laisser à son avocat, le brillant Egon Müller, sa défense. Il reconnaît les faits, sa légèreté et endosse seul l'entière responsabilité de ses abus.

Mais son défenseur a bien mis en avant les raisons qui l'ont conduit à ces décisions: la fameuse cogestion allemande et surtout le système Volkswagen qui au fil des années s'est développé au-delà même de ce que la loi autorise, devenant un élément central du fonctionnement du constructeur allemand.

"La cogestion chez Volkswagen a permis d'intégrer très en avant dans le processus décisionnel les représentants des salariés pour en obtenir leur soutien" a expliqué l'avocat qui en son temps avait aussi défendu l'ancien ministre de l'économie Otto Graf Lambsdorff dans l'affaire Flick. Et de citer longuement toutes les décisions comme la semaine de quatre jours ou certains plans de restructuration notamment qui n'auraient pas vu le jour sans leur assentiment.

"Il était clair chez Volkswagen que compte tenu de ses responsabilités, le comité d'entreprise devait être doté de compétences et de finances particulières. C'était un co-partenaire dans de nombreuses décisions" a-t-il insisté, indiquant au passage que son mandant a aussi toujours pris ses responsabilités pour le bien de l'entreprise.

Un fonctionnement unique en Europe, a précisé l'avocat, mais dont Peter Hartz reconnaît toujours aujourd'hui l'aspect positif pour l'entreprise à condition toutefois que la cogestion soit encadrée pour éviter comme ce fut le cas chez Volkswagen les dérives.

L'avocat a bien insisté sur le fait que la pression est bien venue du président du comité d'entreprise Klaus Volkert qui a commencé en 1994 à protester au vue de ce que Volkswagen déboursait pour Ignacio Lopez et ses hommes, venus de GM à l'époque, pour remettre le groupe sur les rails. Et d'exiger d'être payé au même niveau. Une réclamation à laquelle il s'est finalement résolue pour le "bien de l'entreprise".

A chaque fois, l'avocat a bien pris soin d'écarter Ferdinand Piëch ou les autres membres du directoire des décisions que Peter Hartz a choisi d'assumer totalement. Après le plaidoyer doit suivre la lecture de quelque 80 pages de témoignages. Une deuxième audition est prévue le 25 janvier. Les experts tablent sur un dénouement rapide.

La Tribune

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