Déluge de grêle dans le Chablis : les viticulteurs s'organisent face à la crise
Amandine Ibled
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Un pied de vigne dans le Chablis détruit par la grêle
Chambre d'agriculture de l'Yonne
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Un pied de vigne dans le Chablis détruit par la grêle
Chambre d'agriculture de l'Yonne
S'il est encore trop tôt pour évaluer précisément l'ampleur des dégâts, la Chambre d'agriculture de l'Yonne souligne le phénomène exceptionnel de cet événement. « Il faut remonter à 2016 pour retrouver un épisode de grêle de cette ampleur », constate Arnaud Delestre, son président. « En moyenne, la taille des grêlons atteignait à peu près une pièce de deux euros », souligne Pierre Gernelle, président de la fédération des négociants et éleveurs de Grande Bourgogne (FNEB). « Selon les premières constatations, la zone autour de Chablis est relativement préservée, soit la partie premier Cru et grand Cru, dans la partie ouest et nord du vignoble », poursuit-il. Trois villages ont en particulier été touchés mercredi soir : Fontenay-près-Chablis, Villy-en-Auxois, et Chapelle-Vaupelteigne.
« Nous estimons entre 1000 et 1500 hectares de vignoble qui seraient touchés sur les 6000 hectares que compte l'appellation Chablis », relève Arnaud Delestre. Ce dernier s'est rendu hier à Villy-en-Auxois, l'un des villages les plus touchés, en présence du préfet, afin de constater les dommages. « Dans ces zones où les deux orages successifs sont tombés dans la soirée de mercredi, certaines parcelles sont détruites à 90%, d'autres aux alentours de 15 à 20% », précise Arnaud Delestre.
Après deux belles années de récoltes en 2022 et 2023, 2024 semble cumuler les épisodes climatiques violents sur certaines parcelles du vignoble Chablisien. « C'est une catastrophe cette année », souligne Arnaud Nahan, co-propriétaire du Domaine du Chardonnay, à Chablis. Ce dernier rappelle qu'il « aura tout eu cette année », après un épisode de gel la semaine dernière et les importantes inondations de Pâques qui avaient entièrement recouvert le domaine au bord de la rivière Serein.
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Face au dérèglement climatique, la profession s'organise. Ce type d'épisodes violents se répètent de plus en plus. « La fréquence n'est plus tous les 10 ans mais davantage tous les 3 ans », constate Arnaud Delestre. C'est pourquoi, les viticulteurs aux appellations connues comme le Chablis, mais également le Champagne, ont créé le mécanisme VCI (Volume Complémentaire Individuel). « Les VCI donnent la possibilité aux viticulteurs de mettre en réserve un certain volume de vins tous les ans pour pallier aux aléas climatiques », explique Paul Espitalie, représentant des négociants sur le secteur de Chablis. Ainsi, « si le vigneron fait une mauvaise récolte une année, ce volume de réserve peut être mis sur le marché et compléter la récolte des viticulteurs », poursuit-il.
Amandine Ibled