Croissance 2008 : la France devrait résister aux chocs grâce à la consommation

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Après 1,9% de croissance en France en 2007, l'Insee, dans sa note de conjoncture, estime que "l'activité économique devrait rejoindre un rythme plus modéré" jusqu'à la fin du premier semestre 2008. La consommation des ménages, principal sinon unique moteur de la croissance française, ne serait toutefois pas trop touchée par ce ralentissement.

La France devrait finir l'année sur une croissance de 1,9% mais ne sera plus épargnée par les chocs de l'économie mondiale et connaîtra début 2008 un ralentissement de l'activité et du pouvoir d'achat, avec une poussée d'inflation, prévoit l'Insee dans sa note de conjoncture de décembre.

Selon les prévisions dévoilées aujourd'hui, le produit intérieur brut (PIB) progresserait ainsi de 0,5% au dernier trimestre 2007. Selon l'Insee, l'impact des grèves dans les transports en novembre 2007 aura contribué à une perte d'environ 0,1 point de croissance au quatrième trimestre mais elle est compensée par une hausse équivalente au premier trimestre 2008. "Au final, l'impact de la grève sur la croissance annuelle est négligeable, elle serait quand même de 1,9%", souligne Pierre-Olivier Beffy, chef de la division synthèse conjoncturelle de l'Insee. Un chiffre conforme à celui récemment cité par le Premier ministre François Fillon, mais inférieur à la prévision de croissance du gouvernement, qui tablait sur une hausse comprise entre 2% et 2,5%.

Pour 2008, la croissance devrait être selon l'Insee de 0,5% au premier trimestre et de 0,4% au trimestre suivant, pour un acquis de croissance s'établissant à 1,7% fin juin.

Concernant l'une des préoccupations principales des Français actuellement, à savoir le pouvoir d'achat, les pronostics de l'Insee ne vont guère leur redonner le moral. Après une accélération en 2007 (+3,3% contre 2,4% en 2006), le pouvoir d'achat des ménages ralentira en 2008 "malgré l'impact favorable" des mesures du "paquet fiscal" (heures supplémentaires, crédit d'impôt sur les intérêts d'emprunts, exonération des droits de succession, etc.). L'Insee s'attend en outre à une hausse de l'inflation, poussée par les prix de l'énergie et ceux des produits alimentaires, qui atteindrait un pic à 2,8% en février 2008 pour revenir à 2,4% sur un an fin juin, comme en novembre.

La consommation des ménages, principal sinon unique moteur de la croissance française, ne serait toutefois pas trop touchée par ce ralentissement, les foyers rognant sur leur épargne pour continuer à consommer, "aidés en cela par le déblocage anticipé de l'épargne salariale autorisé au premier semestre". Cette disposition est actuellement examinée par le parlement.

Les prévisions de l'Insee confirment en revanche l'accentuation du déficit commercial français qui aura amputé cette année la croissance de 0,3%, comme en 2006. Bien que "les pertes de parts de marché des exportateurs français semblent s'atténuer", le commerce extérieur continuerait à peser sur la croissance au premier semestre 2008, sous l'effet notamment d'un taux de change de l'euro défavorable et d'une baisse des commandes étrangères dans un environnement mondial moins porteur.

L'investissement des entreprises, encore dynamique fin 2007, serait quant à lui progressivement freiné par le durcissement des conditions de crédit et le ralentissement de la demande internationale issus des difficultés de l'économie américaine. "L'ampleur et la durée de la crise de liquidités actuelle constitue la principale source d'incertitude affectant cette prévision", qui "repose sur l'hypothèse que l'impact sur la croissance de la dégradation de notre environnement international reste limité", avertit cependant l'Insee.

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