"Fragile (s) ", Multi-mélo

Deuxième film de Martin Valente "Fragile(s)" déploie un éventail d'acteurs sympathiques, dont les histoires s'entremêlent. Touchant.

Petit exercice de croisée de destins. Cette formule, qui permet de naviguer à bride abattue entre plusieurs histoires simultanées, revient épisodiquement sur le devant de la scène avec plus ou moins de bonheur. Après avoir réalisé "Les Amateurs", un premier long métrage qui avait reçu une critique mitigée, Martin Valente a cette fois-ci plutôt pioché la carte chance.

Surtout grâce à l'honorable distribution, qui permet de transcender le mélo et de rendre supportables - parfois même cocasses - les épreuves de la vie. Bien que Martin Valente n'ait pu s'empêcher de forcer le trait sur la situation des uns et des autres, les acteurs mettent en sourdine les lourdeurs (dont certaines, toutefois, resteront assez indigestes, comme le dialogue de sourd entre un Français et un Portugais).

François Berléand campe à merveille un rôle de réalisateur sexagénaire totalement déboussolé, qui traîne son sac-poubelle comme l'absurdité de son existence (il l'a confondu avec sa valise, qu'il a jetée aux ordures). Toute aussi émouvante et comique à la fois, sa femme, interprétée par Caroline Cellier, envoûtante comme à l'accoutumée, est une grand-mère contrariée en pleine crise de maturité.

Comme à son habitude, Jean-Pierre Darroussin est l'ours de service; pharmacien recroquevillé sur lui-même, il retrouvera goût à la vie au contact d'une junkie en voie de repentir (Marie Gillain). Quant à cette dernière, ce tête-à-tête, à la fois tendre et amer, provoquera en elle le déclic qui la fera renoncer à la drogue. Ironie du sort, c'est pourtant Jean-Pierre Darroussin, plein d'empathie, qui lui fournit des substituts au début du récit.

Et puis il y a Jacques Gamblin, perdu, toujours aussi magnétique, en inspecteur de police au chevet de sa femme plongée dans le coma. Enfin, les deux dernières à l'affiche, Sara Martins et Elodie Yung, deux copines en week-end à Lisbonne, souffrent cruellement de la comparaison avec tant de talents.

Les hasards de la vie vont subtilement rapprocher tous ces personnages égarés, qui trouveront un soutien là où ils ne l'attendaient pas. Accompagnés d'une bande-son sur mesure, ces échanges impromptus leur permettront de surmonter peu à peu leurs problèmes. C'est ce qui rend ce film sans prétention d'un optimisme absolu; d'autant que ceux qui aident le font souvent à leur insu.

Les protagonistes, de tout âge et de tous les genres, ont au moins un point commun évident: ils enchaînent clope sur clope. C'est pour mieux souligner la fragilité et les blessures de tous, si nombreux, et de chacun, si seul, dont les rencontres et le dialogue sont l'unique antidote.

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