La SNCF et le gouvernement dénoncent les "sabotages" des voies du TGV

Au huitième jour de la grève qui affecte les chemins de fer, des actes de malveillance ont perturbé le trafic sur les voies du TGV. La direction de la SNCF dénonce une "action coordonnée de sabotage", tandis que Nicolas Sarkozy appelle à des punitions "extrêmement sévères". Les syndicats dénoncent aussi ces agissements.

C'est un sérieux signe de radicalisation dans le conflit social qui affecte les transports publics: la SNCF a affirmé ce matin que des actions coordonnées de sabotage ont eu lieu sur les quatre lignes TGV à partir de Paris.

Les actes incriminés concernent des incendies volontaires sur les TGV Est et Atlantique et la fermeture volontaire de commutateurs de signalisation sur les TGV Nord et Sud-Est. Selon la direction de la SNCF, il s'agissait là d'une "action coordonnée de sabotage, destinée à contrer la reprise observée des trafics". Les faits, qui devaient entraîner d'importants retards dans le trafic ferroviaire, sont en tout cas pris suffisamment au sérieux pour que la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, ait annoncé dans un communiqué avoir demandé à la police et la gendarmerie que "tout soit mis en oeuvre" pour "identifier les responsables" des "exactions" commises mercredi matin sur des infrastructures de la SNCF.

Intervenant au huitième jour de la grève qui affecte la SNCF et la RATP, ces actes de malveillance pourraient refléter un net durcissement du conflit. Pour la direction de la SNCF, la cause est entendue: il s'agit là d'actes commis par des "irréductibles qui font preuve d'une totale irresponsabilité". Alors que les négociations tripartites SNCF-Etat-syndicats débutent cet après-midi, les responsables seraient tout désignés il s'agirait des cheminots grévistes opposés à toute forme de négociation sur leur régime spécial de retraite et ulcérés par la diminution régulière du nombre des grévistes.

Le secrétaire d'Etat aux Transports, Dominique Bussereau, a pour sa part dénoncé sur RMC les "exactions graves et condamnables" commises sur quatre lignes de TGV, mais il s'est toutefois refusé à "utiliser le terme de sabotage qu'on n'emploie qu'en période belliqueuse". "Les quatre lignes de TGV qui quittent la capitale vers différentes régions de notre pays ont subi des exactions graves et condamnables mercredi matin entre 6h10 et 6h30" a déclaré M. Bussereau, qui a affirmé que "depuis le début (de la grève) il y a eu pas mal d'exactions, des gens sur les voies, des pétards de sécurité enclenchés, des torches rouges". Mais, a-t-il souligné, dans ces derniers cas "ce qui est tout à fait inadmissible c'est le caractère coordonné apparemment" de ces actes.

Reste que le président de la République a demandé mercredi en Conseil des ministres que les actes de malveillance commis sur le réseau TGV soient punis "avec la plus extrême sévérité", a rapporté Dominique Bussereau en fin de matinée.

Du côté des syndicats, les grandes centrales ont d'ailleurs été promptes à réagir pour ne pas donner l'impression de cautionner de tels actes. Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, les a par exemple fermement condamnés. "S'il s'agit d'actes de sabotage, c'est-à-dire délibérément de dégrader les installations ferroviaires en période de conflit social (...) ce sont des actes inadmissibles et surtout destinés à porter le discrédit sur une profession," a-t-il dit sur Europe 1. Au sein du même syndicat, le secrétaire général de la CGT-cheminots, Didier Le Reste, a lui évoqué des "actes inqualifiables commis par des lâches".

Tonalité identique chez Force ouvrière, où la fédération des cheminots a affirmé dans un communiqué que ces actes de malveillance "n'ont rien à voir avec le combat actuel des cheminots pour le maintien de leur régime de retraite".

Chez Sud Rail, en revanche, on estime que la direction de la SNCF devrait faire "preuve d'un minimum de prudence dans ses déclarations", dans la mesure où pour l'heure "il n'existe aucune preuve que les actes" de sabotage soient "le fait de cheminots". Sud Rail, qui regroupe les cheminots les plus en pointe dans la contestation de la réforme du régime de retraite, appelle d'ailleurs le président de la République "à cesser de criminaliser le mouvement responsable des cheminots comme il l'a fait (mardi) au congrès des maires" de France.

Autre signe de montée des tensions à la SNCF, la Fédération générale autonome des agents de conduite (Fgaac) a dénoncé mercredi des "atteintes à l'intégrité des personnes et des biens" de certains de ses militants qui, selon elle "ne relèvent pas de la culture cheminote". Selon la Fgaac, qui ne participe pas au mouvement de grève actuel et a entamé des négociations séparées avec la direction de la SNCF dès le 18 octobre, "certains individus qui n'acceptent pas le principe même de la négociation s'en prennent à ceux qui travaillent". Le syndicat cite dans son communiqué des témoignages d'adhérents selon lesquels ces individus "les ont insultés, crevé les pneus de (leurs) voitures, vandalisé (les) cadres d'affichage, souillé (leurs) casiers, uniquement parce que nous osions ne pas penser comme eux".

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