Le secteur financier refait trembler les places boursières

Les inquiétudes sur la santé des grandes banques américaines ont de nouveau entraîné les marchés à la baisse. Ce mardi matin, Tokyo cède près de 1% tandis que Wall Street a chuté de 2% lundi soir. JP Morgan Chase a en particulier annoncé qu'elle allait devoir passer au moins 600 millions de dollars de dépréciations au troisième trimestre en raison de la perte de valeur de ses participations dans Fannie Mae et Freddie Mac.

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La crise semble être sans fin. Un an après le déclenchement de la tempête "subprime", le secteur financier reste toujours aussi fragilisé, faisant trembler tout l'univers de la finance. Ce mardi, les places boursières en Asie s'affichent ainsi encore dans le rouge (le Nikkei à Tokio cède 0,78% à la clôture). Lundi soir, c'est Wall Street qui a chuté de 2% tandis que Paris reculait de 1%.

Les mauvaises nouvelles s'accumulent en effet sur le secteur financier. Ainsi, la banque américaine JP Morgan Chase a averti lundi soir qu'elle allait devoir passer au moins 600 millions de dollars de dépréciations dans ses comptes du troisième trimestre pour tenir compte de la perte de valeur de ses participations dans les géants du refinancement hypothécaire Freddie Mac et Fannie Mae, dont la chute en Bourse s'est accélérée ces dernières semaines.

JPMorgan détient "environ 1,2 milliard de dollars" de titres Fannie Mae et Freddie Mac, mais "le groupe estime que la valeur de ces titres a décliné de l'ordre de 600 millions de dollars environ, au vu de leur valeur en Bourse actuelle", a indiqué la banque dans un document au régulateur boursier (SEC).

Pire, la grande banque généraliste américaine, qui a racheté en mars dernier sa consoeur Bear Stearns, a averti que les dépréciations pourraient être plus importantes encore. "Le montant exact des pertes qui pourraient découler de ces titres sur nos résultats du troisième trimestre sont difficiles à évaluer, en raison de la volatilité actuelle de ces actions", peut-on lire dans le document.

Pour JPMorgan, ces dépréciations vont venir s'ajouter à d'autres pertes: la banque avait averti en juillet que son portefeuille d'obligations adossées à des prêts immobiliers avait fondu de 1,5 milliard de dollars sur ce seul mois, du fait de la détérioration des conditions de marché.

Les résultats du troisième trimestre des banques américaines s'annoncent pas de bon augure, alors que les marchés attendent pourtant ces derniers avec impatience. La semaine dernière, ce sont déjà plusieurs analystes qui ont revu à la baisse leurs estimations de résultats pour la période sur la plupart des grandes banques américaines.

Pour faire face à la crise, celles-ci n'ont pas hésité à chambouler leur direction. Après le départ de son PDG Charles Prince en décembre, le premier groupe bancaire mondial Citigroup, l'un des plus affaiblis par la crise financière, a annoncé ce mardi des remaniements au sein de son conseil d'administration, avec la nomination de Robert Rubin, ancien président du comité exécutif, comme conseiller. Le comité exécutif, qui suppléait et agissait au nom du conseil d'administration lors des périodes séparant les réunions de ce dernier, est remplacé par la création d'un comité de gouvernance dirigé par le président du groupe de médias Time Warner, Richard D. Parsons.

L'autre banque américaine Wells Fargo, considérée comme très bien gérée, a également annoncé le départ fin 2009 de son directeur des activités de financement et de prêt, Mark Oman, dans la maison depuis plus de 30 ans. Le groupe avait déjà déçu les marchés lundi, après les déclarations dans le Financial Times de son PDG John Stumpf. Ce dernier a réfuté toute grosse acquisition de sa banque, alors que les marchés voyaient bien Wells Fargo racheter Wachovia ou encore Washington Mutual, des établissements en difficultés.

Autre banque américaine dans la tourmente : Lehman Brothers. Le titre a de nouveau chuté lundi soir à Wall Street de plus de 6% alors qu'un éventuel rachat par la banque sud-coréenne KDB s'éloigne. Le titre avait bondi vendredi sur cet espoir de reprise.

Quant à Freddie Mac et Fannie Mae, ils sont toujours la cible d'une vague de défiance des investisseurs, qui s'inquiètent de leurs difficultés financières et de la possibilité d'une recapitalisation par les pouvoirs publics, dont les actionnaires actuels sortiraient perdants. Freddie Mac et Fannie Mae évoluent, respectivement, autour de 3 dollars et 5 dollars à la Bourse de New York, des niveaux plus vus depuis près de 20 ans. En un an, le cours de leurs actions a été divisé par 21 pour la première et de 13 pour la seconde.

Enfin, du côté de la finance française, le marché attend les résultats du premier semestre de Natixis (jeudi) et de Dexia (vendredi). La première, spécialisée dans la banque d'investissement, a été durement touchée par la crise des "subprime" et va devoir procéder à une augmentation de capital contestée par certains de ses actionnaires. Une assemblée générale doit être convoquée vendredi pour l'occasion. Du côté de Dexia, c'est l'exposition à sa filiale américaine, le rehausseur de crédit FSA, qui inquiète.

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