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La Cour d'appel de Paris rejette l'obligation d'OPA de Sacyr sur Eiffage

La Tribune

Publié le 03 avril 2008 à 03:20 - Mis à jour le 24 octobre 2008 à 18:53

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18 juillet 2026

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La Cour d'appel de Paris a renvoyé dos à dos, ce mercredi, les deux groupes de BTP français Eiffage et espagnol Sacyr, annulant la décision de l'AMF d'exiger de Sacyr le lancement une offre publique d'achat (OPA) et déclarant non conforme l'offre publique d'échange (OPE) proposée par ce dernier. Sacyr se donne "quelques semaines" pour décider tranquillement de la suite des événements.

La Cour d'appel de Paris a renvoyé dos à dos, mercredi, les deux groupes de BTP français Eiffage et espagnol Sacyr. Elle a en effet annulé la décision de l'AMF (Autorité des Marchés financiers) d'exiger de Sacyr qu'il lance une offre publique d'achat (OPA) et a déclaré non conforme l'offre publique d'échange (OPE) proposée par ce dernier.

Dans un arrêt publié mercredi matin, la Cour d'appel "annule la décision" de l'Autorité des marchés financiers (AMF), mais seulement en ce qu'elle "demande à la société Sacyr, agissant de concert, de déposer un projet d'offre publique (OPA, NDLR) visant les actions de la société Eiffage". Par ailleurs, elle "rejette le recours formé par Sacyr contre la décision en ce qu'elle déclare non conforme (...) le projet d'OPE visant les actions d'Eiffage déposées par cette société".

Le groupe espagnol contrôle depuis un peu moins de deux ans 33,2% d'Eiffage, et les directions des deux groupes se livrent depuis à une guerre acharnée. Lors de la dernière assemblée générale du groupe, Eiffage était parvenu à priver de droits de vote une partie des autres actionnaires espagnols du groupe, les accusant d'agir de concert avec Sacyr. En riposte, Sacyr a lancé une OPE sur Eiffage, mais le Français veut le forcer à lancer une OPA, beaucoup plus coûteuse.

Courant juin, l'AMF avait donné raison à Eiffage en ne considérant pas valide l'OPE de Sacyr, estimant que les actionnaires espagnols avaient agi de concert, et forçant l'Espagnol à déposer une OPA au prix minimum de 129,30 euros par action, prix le plus élevé payé "par les actionnaires de concert au cours des douze derniers mois". Sacyr avait déposé un recours devant la justice française pour contester la décision de l'AMF l'obligeant à lancer une OPA. La décision de l'AMF l'aurait en effet obligé à lancer son OPA à un prix très élevé: depuis la période des achats réalisés par les Espagnols, le cours d'Eiffage est fortement retombé. L'action vaut actuellement environ 62 euros, soit moins de la moitié du prix fixé par l'AMF.

C'est donc le soulagement qui prévaut chez Sacyr. Le PDG du groupe de BTP espagnol, Luis del Rivero, s'est déclaré mercredi après-midi "ouvert à toutes les solutions" après l'arrêt de la cour d'appel de Paris. Le conseil d'administration du groupe se réunira "dans les prochaines semaines" pour décider "avec sérénité et calme" de rester ou non dans le capital du groupe français Eiffage, a-t-il précisé.

Le PDG a rappelé qu'à titre personnel il ne possédait "que 13,8%" de Sacyr et que les décisions ne seraient prises qu'une fois son conseil d'admnistration réuni. "Nous ferons une réunion de notre conseil d'administration (...) et (...) on prendra une décision avec tranquillité", a-t-il poursuivi, "vous verrez dans les prochaines semaines ce que nous ferons".

Sur les marchés, les deux titres concernés ont réagi de façon contrastée à la décision de justice. Alors que les actions Eiffage à la Bourse de Paris et Sacyr à celle de Madrid avaient été suspendues ce matin, les cotations ont repris en fin de matinée. A Madrid, l'action Sacyr a nettement rebondi, les marchés saluant l'absence d'obligation de lancer une OPA au prix fort sur Eiffage. L'action gagnait ainsi plus de 4% à la reprise de cotation et a fini en hausse de 5,2%.

A Paris, en revanche, le titre Eiffage a réagi fort logiquement en sens inverse. Il a cédé ce mercredi de 3,04%, à 60,11 euros.

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