Grève chez Dacia en Roumanie : la décision sur sa "légalité" repoussée d'une semaine

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Le tribunal de Pitesti a été saisi par la direction de l'usine du groupe Renault selon laquelle la grève entamée lundi est illégale. Les salariés réclament une hausse des salaires de 50%.

Les salariés et la direction de l'usine Dacia (filiale de Renault) de Pitesti, située dans le sud de la Roumanie, devront patienter encore pour savoir si la grève entamée lundi pour des hausses de salaires est légale ou non. Le tribunal a en effet reporté sa décision au 2 avril. Le syndicat de l'usine a demandé plus de temps pour étudier le dossier et trouver un avocat. La direction de Dacia, qui a été rachetée en 1999 par le constructeur français Renault, a saisi la justice, estimant illégale la grève entamée lundi car suivie par 49% des salariés. Les syndicats affirment que 79% des employés de l'usine ont cessé le travail depuis lundi.

Les salariés de Dacia, qui fabriquent la fameuse Logan, la voiture à bas prix, réclament une augmentation de salaires de 50%. Alors que le salaire mensuel brut moyen est actuellement de 285 euros, ils souhaitent le voir passer à 435 euros. "Nous travaillons comme en France mais sommes payés des cacahuètes", estime un gréviste cité par l'AFP, l'Agence France Presse. Un ouvrier travaillant dans une usine Renault en France perçoit en moyenne un salaire mensuel de près de 2.200 euros bruts.

Pour appuyer leurs revendications, les salariés de Dacia mettent en avant les 62% d'augmentation des ventes de voitures les deux premiers mois de l'année, à la suite d'"un doublement de la charges de travail des employés", estime le syndicat. Premier constructeur automobile roumain, Dacia a établi un record de ventes en 2007 avec plus de 230.000 unités vendues (+17,4% par rapport à 2006). Les salariés, qui ont reçu le soutien des syndicats du groupe Renault, souhaitent donc que les bons résultats de l'entreprise leur profitent également.

La direction de Dacia juge "inacceptable" les revendications des grévistes. Une nouvelle réunion de négociation a eu lieu mercredi, sans succès. Sa proposition est passée de 12% du salaire brut moyen à 20%, dont "16,7% du salarie moyen de base brut mensuel des ouvriers", selon un communiqué. "Nous poursuivons la grève", a affirmé un responsable syndical Ion Iordache.

Mais quelle que soit l'issue de cette grève, elle pourrait bien sonner la fin du "mythe de l'ouvrier roumain à bon marché" comme l'écrit le quotidien Adevarul. Nul doute que les grandes entreprises qui souhaitent délocaliser des usines en Roumanie - l'américain Ford vient de reprendre l'usine Daewoo à Craiova et le finlandais Nokia vient transférer sa production de Boshum en Allemagne à Jucu - vont désormais y réfléchir à deux fois.

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