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Londres veut maîtriser la dérive de la dette publique

La Tribune

Publié le 13 mars 2008 à 04:20 - Mis à jour le 24 octobre 2008 à 18:48

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La tâche sera difficile car la croissance devrait rester limitée entre 1,75% et 2,25% en 2008 et que la nationalisation de la banque Northern Rock pèse sur les finances publiques. De son côté, le déficit commercial s'est élevé à 7,5 milliards de livres en janvier comme en décembre.

Le ministre britannique des Finances, Alistair Darling, a présenté ce mercredi son premier budget pour l'année fiscale 2008-2009 démarrant en avril. Et les perspectives ne sont pas joyeuses. La croissance devrait rester comprise entre 1,75 et 2,25%, contre 3,1% en 2007, du fait des répercussions de la crise financière internationale.

Alistair Darling avait dit en octobre, lors de la présentation des grandes lignes de ce budget, qu'il tablait sur une croissance comprise entre 2 et 2,5% en 2008. "Les turbulences sur les marchés financiers mondiaux" ont affecté toutes les économies, et "les marchés du crédit ont été fortement perturbés", a déclaré le chancelier de l'Echiquier. Selon lui, la croissance 2009 devrait ressortir entre 2,25 et 2,75%, alors qu'il s'attendait auparavant à une croissance comprise entre 2,5 et 3%. L'activité de l'économie devrait ensuite se redresser en 2010, la croissance devant s'établir entre 2,5 et 3%.

Bref, peu épargné depuis son arrivée au 10 Downing Street en juin 2007 - inondations, panique bancaire, scandales liés au financement du parti travailliste, renoncement à des élections anticipées -, le Premier ministre Gordon Brown a encore de nombreux défis à relever en 2008-2009. Car le ralentissement de la croissance et le sursaut de l'inflation rendent l'exercice budgétaire encore plus difficile.

Le gouvernement britannique s'est notamment engagé, en matière de dette publique, à ne pas dépasser le plafond de 40% de la production nationale. Selon Alistair Darling, la dette publique devrait s'établir à la fin de l'exercice 2008-2009 à 38,5% du produit intérieur brut (PIB), puis atteindre 39,4% l'année suivante, restant ainsi en dessous du plafond fixé par le gouvernement. Ces chiffres ne prennent pas en compte l'ajout dans les finances publiques de la banque en difficulté Northern Rock, nationalisée le mois dernier et qui devrait alourdir la dette d'une centaine de milliards de livres (130 milliards d'euros).

Alistair Darling a espéré que les emprunts publics nets seraient cette année inférieurs de 1,4 milliard de livres aux prévisions énoncées au mois d'octobre lors de la présentation du pré-budget, et seraient ainsi limités à 36 milliards de livres, avant de réaugmenter à 43 milliards de livres l'an prochain, soit 4,6 milliards de plus qu'énoncé dans les prévisions d'octobre. Il a cependant assuré qu'il respecterait la "règle d'or" consistant à ne pas dépenser plus (hors investissement), sur un cycle économique, que ce qu'on perçoit en recettes.

Le chancelier n'a pas fait d'annonce fiscale majeure, confirmant l'imposition forfaitaire de 30.000 livres par an des étrangers résidant depuis plus de sept ans au Royaume-Uni sans y être domiciliés fiscalement, et confirmant aussi l'instauration d'une taxe unique de 18% sur les plus-values financières (au lieu de 10 à 40% précédemment), avec son maintien à 10% pour certaines catégories dont les petits patrons.

Il a annoncé diverses mesures financières familiales pour aider à "vaincre la pauvreté des enfants", un des buts que s'est fixés le gouvernement travailliste depuis plusieurs années, et demandé une réflexion sur le crédit immobilier, encourageant à davantage de crédits à taux fixe.

Il a indiqué aussi qu'il avait demandé aux compagnies de fourniture d'électricité de trouver des arrangements avec la clientèle la plus défavorisée. Il a repoussé à octobre l'augmentation de 2% de la taxe sur le carburant qui devait entrer en vigueur en avril. Le chancelier a énoncé également plusieurs mesures en faveur de l'environnement dont une possible taxation des sacs en plastique non biodégradables. Le gouvernement va également introduire des hausses des taxes sur l'alcool.

Une taxe sur les sacs plastiques

Le gouvernement envisage de créer en 2009 une taxe sur les sacs plastiques à usage unique non biodégradables, faute de progrès suffisants dans la réduction de leur utilisation. "Etant donné les dégâts que les sacs plastiques à usage unique infligent à l'environnement, nous souhaitons pouvoir être en mesure d'agir. Nous allons adopter une loi pour pouvoir les taxer si nous ne constatons pas suffisamment de progrès avec les initiatives volontaires", a déclaré Alistair Darling en présentant le budget. "La législation entrerait en vigueur en 2009 et, s'appuyant sur l'expérience d'autres pays, elle pourrait entraîner une réduction de 90%, avec environ 12 milliards de sacs plastiques en moins mis en circulation" chaque année, a ajouté le ministre devant la chambre des Communes. Le produit de cette taxe serait affecté à des organisations caritatives, a-t-il ajouté.

Déficit commercial stable en janvier

Le déficit de la balance commerciale est resté stable en janvier, comme attendu. Il s'est établi à 7,5 milliards de livres (9,8 milliards d'euros), inchangé par rapport à décembre. Les exportations ont progressé de 6,5%, à 20 milliards de livres sterling, et les importations ont augmenté de 4,5% à 27,5 milliards. Le déficit avec les pays extérieurs à l'UE s'est légèrement creusé et s'est inscrit à 4,292 milliards de livres sterling contre 4,112 milliards (révisé en hausse) le mois précédent. La forte hausse des prix à l'importation, qui ont augmenté de 2,2% hors pétrole et alimentation, après 0,9% seulement en décembre, reflète sans doute la dépréciation du sterling sur le marché des changes et le renchérissement des matières premières. L'inflation des prix à l'importation hors éléments volatils a ainsi progressé à son rythme le plus fort depuis juillet 1993 ! Les économistes estiment que les échanges extérieurs devraient apporter cette année "une contribution nette" à la croissance moins négative qu'en 2007. La dépréciation de la livre, avance-t-on, compenserait en partie - via un regain de compétitivité - la modération de la demande mondiale. La baisse de régime de la demande intérieure limiterait la progression des importations permettant ainsi une "accalmie" dans la chute des balances commerciale et courante.

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