Les banques centrales nordiques au secours de l'Islande

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Les banques centrales de Suède, de Norvège et du Danemark sont venues vendredi à la rescousse de l'Islande, en proie à une crise financière et à une inflation galopante persistante.

Les trois institutions financières "sont entrées dans des accords bilatéraux pour des accords d'échanges de ligne de crédits euros/couronnes islandaises", a annoncé la banque islandaise (Sedlabanki) dans un communiqué. "Dans une période d'incertitudes et de turbulences, les banques centrales ont la responsabilité de coopérer pour atteindre leurs objectifs", a commenté Stefan Ingves, gouverneur de la banque suédoise (Riksbank)."Cet accord d'échange a pour but de soutenir la Sedlabanki dans sa mission de sauvegarde de la stabilité macroéconomique et financière", a-t-il ajouté.

L'institution islandaise a estimé que ces facilités de paiement constituaient une "mesure de précaution" lui permettant d'avoir accès à l'euro si nécessaire, sachant que chaque accord porte sur une somme pouvant s'élever jusqu'à 500 millions d'euros. "Ces accords renforcent considérablement les liquidités internationales disponibles de la Banque islandaise", a encore souligné Sedlabanki.

L'Islande, l'un des pays les plus prospères de l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), a connu une croissance moyenne de son Produit intérieur brut (PIB) de 4% par an au cours de la dernière décennie, avec un pic en 2004 à +7,7%.

Mais cette forte croissance a donné lieu à une surchauffe qui a inquiété les marchés financiers. L'an passé, l'inflation s'était établie à 5,7%. Mais en avril, l'inflation s'est accélérée à +11,8% en glissement annuel contre +8,7% en mars, taux le plus élevé depuis septembre 1990. Ce taux est largement supérieur à l'objectif des 2,5% fixé par la Sedlabanki.

L'île, non membre de l'Union européenne, qui a fondé sa prospérité sur le dynamisme de son secteur bancaire tourné vers l'international, est en outre particulièrement exposée à l'actuelle crise financière internationale.

Parallèlement, les prévisions de croissance sont de plus en plus pessimistes avec une croissance nulle prévue cette année par les économistes et une couronne dépréciée. Bien que la couronne se soit appréciée de 4,1% ces trois dernières semaines, elle s'est dépréciée de 25,23% en glissement annuel.

Le 10 avril, l'institution avait décidé de relever son principal taux directeur (15,5%) pour contenir cette inflation galopante et tenter surtout de restaurer la confiance.

Le Premier ministre islandais, Geir Haarde, qui multiplie depuis le début de l'année les messages destinés à rassurer les investisseurs, s'est félicité vendredi dans un communiqué de ces accords. "Le gouvernement et la Banque centrale d'Islande ont ces dernières semaines préparé diverses mesures pour renforcer les liquidités internationales disponibles de la Banque et soutenir la confiance dans le système financier et l'économie de l'Islande", a-t-il expliqué.

Il a ajouté que "pour accroître l'efficacité de la politique monétaire et gommer les distorsions, le gouvernement va rapidement rendre public un plan de restructurations et de réforme du système de fond de financement du logement".

Pour Henrik Gullberg, stratégiste chez Caylon, ces accords sont le signe d'une faiblesse persistante de la monnaie. "Les banques de l'Islande ont une dette extérieure énorme... ce qui signifie qu'elles sont en difficultés lorsque la couronne se déprécie fortement", a-t-il déclaré à l'agence Thomson Financial. "Ce n'est pas comme si la banque centrale disposait d'une importante réserve pour défendre la couronne, a-t-il ajouté, donc elle doit accéder à la monnaie étrangère par d'autres moyens".

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