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Un bestiaire en bronze

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Publié le 16 janvier 2008 à 03:20 - Mis à jour le 24 octobre 2008 à 18:32

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Les sculptures animalières du XIXème sont à nouveau recherchées. Mais attention: les faux pullulent. Comment s'y retrouver.

Le bronze, un alliage de cuivre, zinc et étain, est utilisé depuis l'Antiquité pour les sculptures. Mais l'invention de nouvelles techniques de fonderies autorisant les multiples et celle du pantographe qui permet de réduire ou d'agrandir un original, vers 1835 ont favorisé l'expansion à grande échelle d'oeuvres jusque là limitées.

Les éditions se sont d'autant plus multipliées que les artistes signaient rarement leurs sculptures, et que celles-ci, effet de mode aidant, ont connu à plusieurs périodes, des demandes importantes. Aujourd'hui encore, les collectionneurs reviennent sur ce marché délaissé dans les années 1960-1990, notamment pour les sculptures animalières des années 1850-80.

Parmi les artistes les plus renommés, Antoine Louis Barye "le Michel Ange de la Ménagerie", dont la cote dépasse les 100.000 euros pour les pièces originales. C'est d'ailleurs le sculpteur qui a de son vivant, de 1838 à 1875, le plus contrôlé la fabrication de ses bronzes, notamment pour la patine, avec une prédilection pour les tons brun clair et rouge.

Autres sculpteurs animaliers recherchés, Christophe Fratin qui représente souvent des animaux sauvages africains, Pierre Jules Mène et ses chevaux de course, Emmanuel Frémiet et ses animaux de basse-cour, Rosa Bonheur et son bétail, Jules Moignez et ses purs-sangs. SAVOIR. Plus que le nom de l'artiste, c'est la qualité de la fonte et la rareté du sujet qui détermine le prix. Les détails (poils des chiens, veines des chevaux,....) et une patine profonde sont des éléments de sélection, ainsi que l'absence de ciselures (travail en creux) tout comme le poids, un bronze de qualité ne doit jamais être trop lourd. Une oeuvre d'époque, fondue du vivant de son auteur, est toujours à privilégier.

Car les faux pullulent. Il en existe de deux sortes. Soit réalisés par surmoulage (coulage d'un bronze sur une pièce déjà existante), soit par un tirage illicite à partir d'un plâtre plus ou moins original. Il faut donc être particulièrement vigilant, notamment avec l'arrivée récente sur le marché, surtout en brocante, de pièces en provenance des pays de l'Est.

Mais à côté de ces tromperies manifestes existent des sculptures que les experts qualifient de "non originales". Ce peuvent être des versions différentes, des tirages posthumes, des éditions légales de mauvaise qualité. De plus, à l'époque, les fondeurs signaient directement avec un artiste un nombre de tirages qui n'était que rarement respecté.

Les fondeurs, même les plus réputés, ont continué à produire bien après la mort de l'artiste: Barbedienne (cachet FB) a coulé des sculptures des Barye de 1876 à la seconde guerre mondiale, sculptures plus ou moins réussies.

Enfin, la mention "fonte ancienne" que l'on retrouve trop souvent dans les catalogues de ventes aux enchères est trompeuse: elle ne signifie pas que la fonte ait eu lieu du vivant du sculpteur.

Difficile donc de s'y retrouver. Mieux vaut s'initier (en visitant musées et expositions, en consultant des ouvrages) et surtout faire appel à un expert.

ACHETER. Sauf quelques pièces exceptionnelles, malgré la demande actuelle, les prix, même en hausse, n'ont rien de spéculatifs. On peut trouver un petit bronze posthume de qualité dès 1.000 euros, par exemple le "Lapin" de Barye, diffusé en grand nombre. Les animaux plus imposants, surtout les chevaux et les scènes de repas de fauves, avoisinent les 3.000 euros pour des épreuves satisfaisantes. La cote des bronzes originaux de Mène et de Fremiet est davantage soutenue que celle de Rosa Bonheur ou de Jules Moignez: les spécialistes tablent sur une remontée des prix pour ces derniers.

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