Petit trou d'air pour les exportations "made in Germany" et pour la production

Les exportations allemandes ont légèrement reculé en mars. Sur le premier trimestre, elles ont cependant grimpé de 5.8% par rapport au même trimestre de 2007. La production en Allemagne a également reculé en mars.

L'Allemagne est la championne du monde des exportations depuis 2003 avec ses mille milliards d'euros de produits vendus hors de ses frontières. Mais en mars, elle a connu un petit trou d'air.

Les ventes du "made in germany" ont certes augmenté de 0.2% sur un an, mais reculé de 0,5% sur le mois précédent, à 84,6 milliards d'euros en données corrigées des variations saisonnières. Du coup, l'excédent commercial (différence entre exportations et importations) redescend à 15,4 milliards contre 16,3 milliards en février.

Car, parallèlement, les importations ont augmenté de 0,8%, un petit plus que prévu. Elles ont même atteint un record à 69,2 milliards d'euros, ce qui porte à 3,3% la hausse sur un an. Les économistes y voient le double signal de la dynamique continue des investissements et du réveil de la consommation des Allemands.

En comparant les données à mars 2007, l'office fédéral de la statistique Destatis observe un recul de 2,7% des ventes vers les pays de la zone Euro. En cause, le tassement de la conjoncture en particulier chez le premier client, la France, de même qu'en Italie et en Espagne. Une légère croissance de 0,8% des exportations est en revanche constatée en direction des autres pays de l'Union Européenne, contre un envol de 5.5% des importations.

Malgré l'euro au plus haut face au dollar, les pays tiers (hors UE) ont acheté pour 29,3 milliards d'euros de produits d'Allemagne, soit une hausse de 3.5% sur un an. La flambée des cours des matières premières, surtout le gaz, se ressent côté importations. Leur bond de 6,3% sur un an, à 23,2 milliards d'euros, aurait même été plus marqué en l'absence de l'effet correctif de la chute du dollar.

Au premier trimestre 2008, les exportations ont globalement grimpé de 5,8% par rapport au même trimestre de l'an dernier. Les importations ont quant à elle progressé de 6,6%. Tout porte ainsi à prévoir au premier trimestre une contribution négative du commerce extérieur à la croissance du PIB allemand. Dopé par la demande interne, celui-ci devrait tout de même s'apprécier de l'ordre de 0,7% selon les économistes de Commerzbank.

La production outre-Rhin a quant à elle reculé de 0,5% en mars par rapport au mois de février, comme prévu par le consensus des économistes. Reste que le trimestre devrait rester largement positif avec un rebond de 2,3%, le plus fort depuis un an.

Dans le détail, la production dans le bâtiment s'est comprimée de 12% en mars, effaçant le rebond des deux premiers mois obtenus grâce à une météo hivernale clémente. Le reste de l'industrie a de son côté reculé pour le second mois consécutif, cette fois de 0,2%. La baisse des commandes enregistrées ces derniers jours suggère que la production devrait se tasser au second trimestre, tandis qu'elle aura porté fortement la croissance du PIB (produit intérieur brut) de janvier à mars.

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