« Pour la mobilité électrique en Afrique, nous ne faisons que commencer » (Kaushik Burman, Spiro)
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Kaushik Burman, CEO de Spiro
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LA TRIBUNE AFRIQUE - Ce projet a commencé au Bénin et au Togo il y a quelques années. De quelle manière l'expérience acquise dans ces deux pays d'Afrique de l'Ouest a-t-elle renforcé la vision de Spiro en Afrique ?
KAUSHIK BURMAN - Le Bénin et le Togo sont effectivement les pays où nous avons lancé les premiers vélos Spiro. Nous y avons déployé près de 200 stations de charge de batteries, à raison de 100 dans chaque pays. Nous avons beaucoup appris sur les besoins des clients, en particulier ceux des livreurs. Au Bénin et au Togo, la distance moyenne parcourue chaque jour est d'environ 100 kilomètres. Il fallait avoir une idée précise de leurs besoins en termes d’emplacement et d’horaire de charge, de densité du réseau énergétique, etc. Nous avons également beaucoup appris sur l'apparence que devaient avoir les vélos et leurs performances. Dans l’expérience béninoise et togolaise, certaines choses étaient bonnes, d'autres moins. Nous avons donc tiré les leçons de ces erreurs au fur et à mesure du déploiement des vélos et des batteries sur ces marchés. Cela nous a permis de ne pas les répéter lorsque nous nous sommes implantés dans d'autres pays.
Vous êtes désormais industriellement implantés dans six pays (Bénin, Togo, Kenya, Ouganda, Rwanda, Nigeria) et êtes en train de vous déployer dans deux autres (Cameroun et Tanzanie). Que regardez-vous en premier lorsque vous choisissez de pénétrer un marché ?
Lorsque nous nous intéressons à un marché, la première chose que nous prenons en compte est évidemment la population, qui peut être évaluée à l'aide de nombreux indicateurs. Le deuxième facteur est bien entendu les transports publics et les différents modes de transport disponibles, ainsi que la manière dont les gens consomment les produits de mobilité. De nos jours, les jeunes commandent beaucoup de choses sur les sites d’e-commerce. Il y a donc beaucoup de livraisons. Nous menons donc des études sur les acteurs du marché, les types de transport pratiqués et d’autres facteurs tels que le prix local de l'essence, l’existence ou non de subventions aux combustibles fossiles et l’existence ou non de politiques favorables à la mobilité électrique. Nous regardons également la disponibilité de l'électricité sur ces marchés, car il faut de l'électricité pour recharger ces batteries dans les stations de charge et les coupures de courant, les baisses de tension ainsi que les perturbations électriques peuvent poser des problèmes pour le fonctionnement des opérations de charge. Ce sont donc là quelques-uns des éléments que nous examinons avant de nous implanter dans un pays.
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