Défense : l’Égypte signe des accords avec Sofema, Dassault Aviation et Thales

Muriel EDJO, Agence Ecofin

Pour l’aéronautique égyptienne, c’est une marche supplémentaire vers la montée en gamme industrielle.
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Muriel EDJO, Agence Ecofin

Pour l’aéronautique égyptienne, c’est une marche supplémentaire vers la montée en gamme industrielle.
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Arab International Optronics (AIO), le bras industriel des Forces armées égyptiennes, a signé des accords de partenariat avec plusieurs entreprises françaises du secteur de la Défense, en marge de la quatrième édition de l’Egypt Defence Expo (EDEX 2025), qu’a abrité le Centre international des expositions au Caire début décembre. Le premier volet de cette série d’accords avec la société Sofema porte sur la maintenance et la révision des moteurs LARZAC des avions Alpha Jet. Ces opérations seront désormais réalisées au sein d'usines égyptiennes, sous la supervision et avec le soutien technique de Sofema.
Pour l'Égypte, il s’agit d’un double enjeu : garantir la disponibilité opérationnelle de sa flotte aérienne d’entraînement et de combat léger, tout en renforçant les compétences locales dans un domaine hautement stratégique, celui de la maintenance de moteurs aéronautiques. Cette internalisation des capacités MRO (Maintenance, Repair and Overhaul) s’inscrit dans une dynamique plus large de réduction de la dépendance aux prestataires étrangers, et de maîtrise des coûts et des délais d’immobilisation des appareils.
Symbole fort dans la coopération militaire franco-égyptienne, le Rafale y franchit lui aussi une nouvelle étape. Avec Dassault Aviation, son constructeur, l’accord prévoit la fabrication locale de pièces détachées, selon les standards les plus exigeants de l’industrie aéronautique. Au-delà de la simple sous-traitance, cet engagement fait du Caire un partenaire officiel dans les chaînes d’approvisionnement mondiales de Dassault. Les usines d’AIO sont appelées à intégrer un réseau de fournisseurs validés, alimentant potentiellement non seulement la flotte égyptienne, mais aussi d’autres utilisateurs du Rafale.
Pour l’aéronautique égyptienne, c’est une marche supplémentaire vers la montée en gamme industrielle : adoption de processus de qualité certifiés, maîtrise de matériaux et de procédés complexes, et création d’emplois qualifiés dans un secteur spécialisé.
Avec le groupe Thales, spécialisé dans les solutions de pointe pour la défense, la sécurité, la cybersécurité, l'identité numérique et l'aérospatiale, l’accord porte sur 6 domaines. Il est prévu la création de l'Académie Thales en Égypte, destinée à développer l'expertise des forces armées, du gouvernement et des institutions civiles sur les segments de l'optronique, de la cybersécurité, de l'intelligence artificielle, des radiotélécommunications et du radar. Cette académie offrira des formations certifiées dispensées par des experts reconnus, et favorisera une coopération renforcée entre les universités égyptiennes et françaises.
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Thales et AIO développeront un kit de mise à niveau pour véhicules blindés lourds, notamment pour les systèmes de conduite de feu (FCS) et de visée optronique. Il est évoqué une version à guidage laser de la roquette AIO X29 combinant l'expertise d'AIO en dispositifs d'armes télécommandées RCWS et le savoir-faire de Thales en roquettes à guidage laser. En matière de surveillance, les forces armées égyptiennes acquerront une solution éprouvée au combat, intégrant le radar terrestre et la caméra thermique portable (HHTI) de Thales. Gérée par un unique ordinateur de commandement et de contrôle, cette solution portable permet une détection et une identification rapides des menaces.
Thales annonce aussi le développement d’un centre de services au sein des locaux d'AIO, dédié au support et à la maintenance de ses caméras thermiques portables déployées au sein des forces égyptiennes, ainsi qu’une collaboration renforcée sur la chaîne d'approvisionnement, avec l'intégration des composants et sous-ensembles d'AIO dans la chaîne de Thales.
Pour le ministère de la Défense, la signature de ces accords entre dans le cadre d'une stratégie plus large : faire de l’Égypte un pôle technologique régional, capable d’assurer la maintenance, de soutenir et d'exporter des solutions technologiques à forte valeur ajoutée et produites localement, vers d'autres marchés. Le ministre d'État à la Production militaire, Mohamed Salah El-Din Mostafa, a déclaré que « l’Égypte constitue un marché prometteur pour les investisseurs internationaux souhaitant établir des chaînes industrielles intégrées au Moyen-Orient ».
Muriel EDJO, Agence Ecofin
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