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Bassin du Congo : un partenariat global de plus de 2 milliards d'euros piloté par la France en faveur des forêts

Espoir Olodo, Agence Ecofin

Publié le 10 novembre 2025 à 16:53

Vue aérienne de la forêt du Bassin du Congo, 2e plus grande forêt tropicale humide de la planète

Vue aérienne de la forêt du Bassin du Congo, 2e plus grande forêt tropicale humide de la planète

DR

Le Quotidien Numérique

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Photo d'illustration de l'article
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Le Bassin du Congo abrite le deuxième massif forestier tropical après l’Amazonie. A l’occasion de la COP30 au Brésil, la région bénéficie d’un regain d’attention dans le cadre de la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre.

Le 6 novembre dernier, plusieurs pays européens et des institutions multilatérales se sont engagés à mobiliser une enveloppe de 2,5 milliards d'euros sur 5 ans en faveur de la protection et de la gestion durable des forêts du Bassin du Congo. L’annonce a été faite à l’occasion du Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de la 30ème Conférence des Parties (COP30) à la Convention des Nations Unies sur les changements climatiques, qui se déroulait à Belém au Brésil.

L’initiative pilotée par la France et baptisée « Appel de Belém pour les forêts du bassin du Congo » compte également parmi ses signataires, l’Allemagne, la Belgique, la Norvège, le Royaume-Uni, la Banque africaine de développement (BAD), la Banque mondiale, la Commission européenne, la Global Environment Facility, le Climate Investment Fund et le Green Climate Fund. Elle devrait être présentée lors des journées thématiques forêts de la COP30 les 17 et 18 novembre.

Le défi de la durabilité

Les forêts du Bassin du Congo, partagées entre le Cameroun, le Gabon, la République du Congo, la RDC, la Centrafrique et la Guinée équatoriale couvrent près de 268 millions d’hectares.

Cela en fait le deuxième plus grand massif forestier mondial après l’Amazonie. Par ailleurs, ces forêts représentent le plus grand puits de carbone net au monde, avec près de 91 milliards de tonnes de carbone stockées en 2020, soit dix fois les émissions annuelles du secteur énergétique mondial, selon les données de la Banque mondiale.

En outre, selon l’institution, la valeur économique totale des services écosystémiques fournis par les forêts du bassin du Congo — tels que la capture du carbone, la régulation de l’eau, la préservation de la biodiversité, la production de bois et les ressources alimentaires issues de la nature (produits issus de la cueillette et de la chasse) — était estimée à 1 152 milliards de dollars en 2020.   

Avec ce financement, l’enjeu pour le Bassin du Congo sera de concilier développement économique et préservation environnementale. Et pour cause, dans la région, l’utilisation de la biomasse comme source d’énergie (bois de chauffage et charbon de bois) et l’agriculture itinérante sur brûlis ont accéléré la progression de la déforestation sur les dernières décennies en plus de l’étalement résidentiel et du développement d’infrastructures.

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Selon le Global Forest Watch (GFW), projet lancé par le World Resources Institute (WRI), la RDC qui abrite la plus importante superficie de forêts du Bassin, a perdu en 2024, 590 000 hectares de forêts tropicales primaires (forêts n’ayant pas subi l’action humaine), soit la 3e plus importante perte dans le monde derrière le Brésil et la Bolivie. Au total, entre 2002 et 2024, le pays aura perdu 7,4 millions d’hectares de forêts tropicales humides primaires. Du côté du Cameroun, le couvert s’est déjà réduit de près de 5% en 10 ans selon GFW.

Le financement, mère des batailles

Alors que l’importance de l’écosystème forestier du Congo dans la régulation climatique mondiale et la biodiversité fait consensus, les flux de financement en leur faveur restent encore limités comparativement à d’autres régions du monde. En effet, entre 2008 et 2017, le Bassin du Congo n’a reçu que 11,5% des ressources destinées aux forêts au niveau mondial, contre 34% pour l’Amazonie et 54,5% pour l’Asie du Sud-Est, selon des chiffres rapportés par l’Agence française de développement (AFD). Malgré ces contraintes, certains États, à l’instar du Gabon, ont su mobiliser d’autres mécanismes, notamment le programme REDD+ (Réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts). En 2021, le pays — considéré comme un puits net de carbone grâce à ses vastes forêts tropicales — est devenu le premier pays africain à recevoir un paiement basé sur les résultats pour ses efforts de réduction des émissions, soit 17 millions de dollars.     

L’engagement de Belém symbolise une volonté renouvelée de coopération entre l’Afrique et plusieurs pays d’Europe autour de la préservation des forêts tropicales. Mais pour que ces annonces dépassent le stade du symbole, il faudra renforcer les mécanismes pour faciliter l’accès direct des États africains aux financements et rémunérer adéquatement les services écosystémiques en termes de réduction des émissions de carbone.

Espoir Olodo, Agence Ecofin

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