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Pétrole : le Gabon discute avec BP et ExxonMobil d'un partage de production  dans l’offshore profond

Photo de Laurence Bottero

Olivier de Souza, Agence Ecofin

Publié le 24 avril 2026 à 14:45

Selon la Banque mondiale, la production gabonaise a affiché une baisse estimée à 2,1 % en 2025, sous l’effet du vieillissement des champs producteurs.

Selon la Banque mondiale, la production gabonaise a affiché une baisse estimée à 2,1 % en 2025, sous l’effet du vieillissement des champs producteurs.

Photo DR

Le Quotidien Numérique

20 juin 2026

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Dans un contexte de déclin de sa production d’hydrocarbures, le Gabon cherche à relancer son amont pétrolier en attirant de nouveaux investissements. Les autorités misent désormais sur l’offshore profond et sur des partenariats ciblés pour renouveler les réserves.

Le Gabon cherche à relancer en profondeur son secteur pétrolier en misant sur un retour structuré des grandes compagnies internationales dans l’offshore profond. Selon une communication du ministre du Pétrole, Clotaire Kondja, datée du mercredi 22 avril, le pays espère formaliser, d’ici quatre à six mois, des contrats de partage de production avec BP et ExxonMobil.

Cette échéance marquerait l’aboutissement d’une séquence entamée en 2025, avec la signature de protocoles d’accord non contraignants pour l’exploration de blocs au large de la côte atlantique gabonaise. Ces discussions surviennent dans un contexte où les majors cherchent à reconstituer leurs réserves, en ciblant notamment les bassins encore peu explorés du Golfe de Guinée.

Un virage vers l’offshore profond

La stratégie gabonaise repose désormais sur un recentrage vers l’offshore profond et ultra-profond, identifié comme principal relais de croissance du secteur. Dans ce cadre, les autorités privilégient une approche sélective visant à attirer des opérateurs capables de porter des projets à forte intensité capitalistique et technologique, à l’image de BP et ExxonMobil, avec lesquels des discussions avancées portent sur de futurs contrats de partage de production.

Cette orientation marque un changement de méthode dans la politique pétrolière du pays, qui privilégie désormais des partenariats ciblés plutôt que des cycles d’attribution plus larges, afin de concentrer les investissements sur les zones les plus prometteuses. Dans le même temps, les autorités s’appuient sur une dynamique plus large déjà engagée avec des opérateurs comme Perenco, Assala Energy ou Vaalco Energy, qui participent à l’optimisation des actifs existants et à la prolongation de la durée de vie des champs matures.

Un secteur sous contrainte structurelle

Ce repositionnement se fait dans un contexte de pression sur le modèle pétrolier gabonais. Selon la Banque mondiale, la production du pays est engagée dans une phase de recul, avec une baisse estimée à 2,1 % en 2025, puis un déclin pouvant atteindre 5,8% en 2026, sous l’effet du vieillissement des champs producteurs. Cette dynamique pèse sur les équilibres budgétaires, alors que le pétrole demeure une source majeure de revenus pour l’État.

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À cette contrainte s’ajoute un mouvement structurel du secteur à l'échelle mondiale. Les grandes majors réduisent leur exposition aux actifs les plus matures et orientent leurs investissements vers des projets plus sélectifs, compatibles avec leurs objectifs de transition énergétique et de rentabilité renforcée. L’Afrique reste un espace d’opportunités, mais désormais trié sur des critères de coût, de potentiel et de stabilité contractuelle.

Dans ce contexte, le Gabon tente de repositionner son attractivité en mettant en avant un potentiel encore largement inexploité. Près de 70 % de son domaine sédimentaire reste inexploré, selon des données officielles. Cette donnée constitue de fait, le principal levier de négociation face aux compagnies internationales.

Une stratégie de réactivation de la rente

Derrière la relance de l’amont pétrolier, l’enjeu est budgétaire et macroéconomique. Le pétrole reste la principale source de financement de l’État, et sa contraction progressive fragilise l’équilibre des finances publiques. La stratégie actuelle vise donc moins une expansion immédiate de la production qu’une stabilisation du déclin, via de nouvelles découvertes offshore.

Le pari consiste à opérer un basculement progressif, en remplaçant les champs matures en fin de cycle par des projets en eaux profondes au potentiel plus élevé, mais dont la mise en production s’inscrit dans des délais plus longs. Cette transition implique toutefois une montée en gamme institutionnelle. La crédibilité du cadre réglementaire, la stabilité fiscale et la capacité d’exécution des réformes conditionneront directement la matérialisation des investissements.

La signature effective de contrats avec BP et ExxonMobil constituerait un signal fort de retour de confiance, mais elle ne garantira pas à elle seule la relance de la production. Le véritable enjeu se situera dans la transformation des engagements en opérations de forage et en découvertes commerciales.

Olivier de Souza, Agence Ecofin

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