Or : le Mali a tourné la page du conflit avec Barrick Mining, mais peine à retrouver son niveau de production

Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin

Mine souterraine de Loulo-Gounkoto.
DR

Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin

Mine souterraine de Loulo-Gounkoto.
DR
Le Mali ne prévoit pas de retrouver à moyen terme le record de production industrielle d’or atteint avant son conflit avec Barrick Mining. Selon Reuters, qui cite un plan du ministère des Mines couvrant la période 2026-2029, la production devrait s’établir à 43,2 tonnes en 2026, puis progresser à 51,2 tonnes en 2027 et à 57 tonnes en 2028, avant de revenir à 50 tonnes en 2029.
Ces volumes resteraient inférieurs aux 66,5 tonnes produites en 2023, le plus haut niveau enregistré par le pays. Les hypothèses à l’origine de cette trajectoire n’ont pas été détaillées.
L’information intervient quelques mois après la parution de données provisoires montrant une chute à 42,2 tonnes de la production industrielle d’or du pays en 2025. Un an auparavant, Bamako avait produit un total de 54,8 tonnes à partir de ses mines industrielles.
La baisse enregistrée s’explique en grande partie par le bras de fer entre l’État malien et Barrick autour de l’application du code minier adopté en 2023. Les tensions avaient conduit à la saisie d’un stock d’or, à la suspension des opérations et au placement temporaire de Loulo-Gounkoto sous administration provisoire.
La production du complexe était ainsi tombée à 5,5 tonnes en 2025, contre 22,5 tonnes l’année précédente. Cette baisse avait fait perdre à Loulo-Gounkoto sa place de premier producteur du pays au profit de la mine Fekola, exploitée par B2Gold. Les autres mines qui ont permis de compenser comprennent entre autres le projet Syama (exploité par Resolute Mining), ou encore Sadiola et Korali-Sud (Allied Gold)
Un accord conclu en novembre 2025 a permis à Barrick de récupérer le contrôle opérationnel du site. Le gouvernement a ensuite renouvelé pour dix ans le permis d’exploitation de Loulo, l’une des deux composantes du complexe. Une nouvelle étude de faisabilité identifie encore plusieurs années d’exploitation à ciel ouvert et souterraine.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

En attendant de voir si les prévisions de production se confirment, l’attractivité du pays en matière d’exploration aurifère est un autre point de vigilance à surveiller pour voir comment Bamako retrouvera ses rythmes de production.
Dans son rapport « World Exploration Trends 2026 », publié en mars dernier, S&P Global Market Intelligence indique que le Mali a enregistré en 2025 son troisième recul annuel consécutif des investissements dans l'exploration minière et la plus forte réduction observée sur le continent.
Les autorités ont engagé plusieurs mesures pour réorganiser ce segment. Une centaine de permis ont été annulés en octobre 2025, libérant des périmètres jusque-là attribués à leurs détenteurs. Un nouveau cadastre minier numérisé a également été présenté en avril 2026 afin de centraliser les demandes de titres et d’accélérer leur traitement.
Ces dispositions ne se traduiront toutefois pas immédiatement par de nouvelles capacités de production. Entre la découverte d’un gisement, les études nécessaires, la mobilisation des financements et la construction d’une mine, plusieurs années peuvent s’écouler.
D’ici les prochains développements du secteur, il sera intéressant de surveiller comment évoluent les concurrents ouest-africains du Mali. Si le Ghana est le premier producteur du métal précieux dans la région, d’autres producteurs comme la Côte d’Ivoire ou encore le Burkina Faso ont vu leurs volumes augmenter au cours des dernières années.
Louis-Nino Kansoun, Agence Ecofin