En Afrique, les emplois dans les énergies renouvelables augmentent, mais restent loin du potentiel

Espoir Olodo, Agence Ecofin

À l’échelle mondiale, le secteur des énergies renouvelables employait 16,6 millions de personnes en 2024.
Photo DR

Espoir Olodo, Agence Ecofin

À l’échelle mondiale, le secteur des énergies renouvelables employait 16,6 millions de personnes en 2024.
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En Afrique, l’industrie des énergies renouvelables a employé 344 000 personnes en 2024, selon un rapport publié début janvier 2026 par l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA), en collaboration avec l’Organisation Internationale du Travail (OIT). Il s’agit d’un chiffre en progression d’environ 6% par rapport à 2023, et de la troisième année consécutive de hausse des emplois après la contraction enregistrée entre 2020 et 2021. Au total sur le continent africain, les emplois générés dans la filière renouvelable ont progressé de 39%, en partant d’un niveau de 247 000 en 2019.
D’après l’IRENA, le programme sud-africain REIPPPP a notamment permis de créer 86 531 emplois à temps plein en un an, essentiellement dans la construction, tout en stimulant des investissements massifs et le déploiement de projets d’énergies renouvelables de grande envergure. Du côté de l’Égypte, les emplois dans le solaire photovoltaïque ont plus que doublé pour atteindre 5 900 postes en 2024, et sur le segment de l’éolien, ils ont également progressé, passant de 4 000 en 2023 à 5 200 en 2024, en lien avec l’augmentation de la capacité installée au cours de l’année et le renforcement continu des besoins en exploitation et maintenance au sein du parc.
À l’échelle mondiale, le secteur des énergies renouvelables employait 16,6 millions de personnes en 2024. Le solaire photovoltaïque concentrait la majorité de ces emplois avec 7,2 millions de postes, suivi des biocarburants liquides (2,63 millions), de l’hydroélectricité (2,26 millions) et de l’éolien (1,9 million).
Si globalement, l’année 2024 a été positive pour les emplois dans les énergies vertes, la marge d'évolution reste grande. Malgré une tendance à la hausse, le continent africain ne représente qu’environ 2 % des emplois dans le renouvelable générés dans le monde. Depuis 2020, la barre symbolique des 400 000 emplois peine à être franchie, un constat qui s’explique notamment par la faible part des investissements mondiaux que capte le continent dans ce secteur. Les ressources financières restent concentrées sur d’autres régions, freinant le développement de projets d’envergure et l'essor de l’industrie.
Dans un précédent rapport publié en 2024, l’IRENA soulignait ainsi qu’entre 2000 et 2020, l’Afrique n’a reçu que 2% des investissements mondiaux dans les énergies renouvelables, qui s’élevaient à 2 800 milliards USD sur la période (environ 2 412 millions d'euros), et a représenté moins de 1% des capacités de production solaire photovoltaïque et éolienne sur la planète. En outre, la création d’emplois reste encore très modeste par rapport au potentiel existant.
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Selon une étude de FSD Africa, Shortlist et Boston Consulting Group parue en juillet 2024, l’Afrique pourrait générer entre 1,5 million et 3,3 millions de nouveaux emplois verts directs d’ici 2030. Le secteur de l’énergie et de l’électricité pourrait à lui seul créer jusqu’à 2 millions d’emplois, dont 1,7 million dans le solaire photovoltaïque, 165 000 dans l’hydroélectricité, 197 000 dans le transport et la distribution d’électricité, 79 000 dans l’éolien, 51 000 dans le stockage par batteries et 33 000 dans la géothermie.
« Le potentiel de l’Afrique en énergies renouvelables – à l’image de ses besoins – est immense. Pour transformer ce potentiel en réalité, il faudrait non seulement accroître les investissements et renforcer la coopération internationale, mais aussi soutenir l’éducation, le développement des compétences et la formation de la main-d’œuvre, ainsi que mettre en place des chaînes de valeur régionales », indique l’IRENA.
Espoir Olodo, Agence Ecofin