Les données satellitaires contribueront à une meilleure cartographie du territoire, au suivi des activités minières et à l’amélioration de la planification des infrastructures.
La RDC amorce une nouvelle étape dans son plan de souveraineté technologique. Le gouvernement a signé un contrat avec l’entreprise belge Spacebel pour la fourniture d’un satellite d’observation de la Terre baptisé RDC-SAT. Ce projet doit permettre au pays de renforcer ses capacités de surveillance, de gestion des ressources naturelles et de suivi environnemental.
La République démocratique du Congo (RDC) disposera bientôt de son premier satellite d’observation de la Terre. Le ministère de l’Enseignement supérieur, universitaire, de la Recherche scientifique et des Innovations a signé, le mardi 16 juin à Kinshasa, un contrat avec l’entreprise belge Spacebel portant sur la fourniture, la mise en service et la maintenance d’un satellite baptisé RDC-SAT.
L’appareil sera exploité par le Centre national de télédétection (CNT), établissement public spécialisé dans la collecte et l’analyse de données géospatiales. Spacebel assurera également l’accompagnement technique nécessaire à son fonctionnement.
Pour l’entreprise belge, ce contrat marque l’aboutissement de plusieurs années de discussions avec les autorités congolaises.
« Après plusieurs années de négociations, le dossier Spacebel a été sélectionné sur base de son offre technique très solide et l’excellente réputation de la société », ont déclaré Thierry du Pré-Werson, président du Conseil d’administration, et Eric Lardinois, directeur général de l’entreprise.
Un outil stratégique pour un territoire de 2,3 millions de km²
Avec près de 2,35 millions de km2, la RDC est le deuxième plus vaste pays d’Afrique. Cette immensité territoriale complique le suivi des activités économiques, la surveillance des frontières et la gestion des ressources naturelles.
D’un poids d’environ 250 kilogrammes, RDC-SAT permettra au pays de disposer de données d’observation collectées de manière autonome. Cette capacité est particulièrement stratégique pour un pays qui abrite certaines des plus importantes réserves mondiales de cuivre, de cobalt et de coltan, indispensables à la transition énergétique mondiale.
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Les données satellitaires pourront notamment contribuer à une meilleure cartographie du territoire, au suivi des activités minières et à l’amélioration de la planification des infrastructures et de l’aménagement du territoire.
Agriculture, forêts et climat dans le viseur
Les applications du futur satellite s’étendent également à plusieurs secteurs clés de l’économie congolaise. Dans l’agriculture, les données recueillies pourront aider à suivre l’évolution des cultures, à anticiper certains risques climatiques et à améliorer la gestion des terres. Ces outils pourraient renforcer l’efficacité des politiques publiques dans un secteur qui demeure un important pourvoyeur d’emplois.
RDC-SAT devrait aussi contribuer à la surveillance des forêts du bassin du Congo, deuxième massif forestier tropical du monde après l’Amazonie. Les images fournies permettront notamment de suivre l’évolution de la couverture forestière, de détecter certaines activités illégales et d’évaluer les impacts environnementaux liés à l’exploitation des ressources naturelles.
Le satellite pourra enfin être mobilisé pour le suivi du changement climatique et la gestion des catastrophes naturelles, grâce à des données facilitant l’anticipation et la prise de décision.
Un marché spatial africain en pleine émergence
L’initiative congolaise s’inscrit dans la montée en puissance du secteur spatial africain. Depuis plusieurs années, de nombreux pays du continent investissent dans les technologies spatiales pour répondre à des besoins liés aux télécommunications, à la météorologie, à l’agriculture ou encore à la sécurité.
L’Afrique du Sud, le Nigeria, l’Égypte, le Maroc, le Kenya et le Ghana figurent parmi les pays ayant déjà développé des programmes satellitaires nationaux. Cette dynamique est également soutenue par l’Agence spatiale africaine, créée pour favoriser la coopération continentale dans ce domaine.
Pour la RDC, l’acquisition de RDC-SAT représente à la fois un investissement dans la modernisation de l’action publique et un outil susceptible de renforcer l’attractivité du pays auprès des investisseurs. Du côté de Spacebel, ce contrat est présenté comme une reconnaissance du savoir-faire de l’entreprise sur le marché international.
« Ce succès de vente à l’exportation confirme les compétences transversales de Spacebel couvrant tous les échelons de l’industrie spatiale. En même temps, il constitue la consécration de notre savoir-faire en tant qu’acteur-clé du spatial institutionnel et commercial », ont souligné les dirigeants de la société.
Avec RDC-SAT, la RDC rejoint le cercle des pays africains qui misent sur les technologies spatiales pour améliorer la gouvernance de leur territoire et soutenir leur développement économique.