Logistique : la Banque mondiale octroie 176 millions d'euros au Togo
Olivier de Souza, Agence Ecofin

Le Port autonome de Lomé a traité 2,06 millions d’EVP en 2024, contre 311 500 en 2013.
Photo DR
Olivier de Souza, Agence Ecofin

Le Port autonome de Lomé a traité 2,06 millions d’EVP en 2024, contre 311 500 en 2013.
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Face à la hausse continue du trafic portuaire et des échanges commerciaux, le Togo poursuit le renforcement de ses infrastructures de transport. Le 16 juin, le Groupe de la Banque mondiale a approuvé un financement de 200 millions de dollars (176,5 millions d’euros) destiné à améliorer la connectivité logistique du pays et à soutenir son rôle de plateforme régionale de transit.
Au cœur du programme figure le Port autonome de Lomé, principal hub maritime du pays, qui a vu son trafic conteneurisé passer de 311 500 EVP en 2013 à 2,06 millions d’EVP en 2024. Cette progression a consolidé la position du port dans les échanges ouest-africains, mais elle s’accompagne également d'une pression croissante sur les infrastructures de transport desservant la capitale.
Le programme prévoit notamment la réhabilitation de la liaison ferroviaire entre le Port autonome de Lomé et la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA), située à environ 27 kilomètres au nord de la capitale. Les autorités et la Banque mondiale souhaitent ainsi développer le transport de marchandises par rail afin de réduire la dépendance au transport routier sur cet axe stratégique.
Les investissements concernent également le Grand Lomé, où la circulation des marchandises, des véhicules particuliers et des transports collectifs se concentre sur les mêmes corridors. Les aménagements envisagés visent à améliorer la fluidité du trafic et l'organisation des déplacements dans l'agglomération.
Au-delà de la capitale, le projet cible plusieurs zones agricoles des régions de la Kara, des Savanes, des Plateaux et de la Plaine de Mô. L'amélioration des routes de desserte doit faciliter l'accès aux marchés, aux infrastructures logistiques et aux services essentiels pour les populations locales.
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Ces différents volets poursuivent un même objectif : améliorer la connexion entre les infrastructures logistiques, les zones de production et les marchés.
L'objectif affiché est d'améliorer la circulation des marchandises entre les zones de production, les centres de consommation et les infrastructures d'exportation. Les autorités espèrent également réduire les coûts de transport et limiter les pertes post-récolte qui affectent une partie de la production agricole.
Selon la Banque mondiale, environ 2,2 millions d'habitants du Grand Lomé devraient bénéficier des améliorations apportées à la mobilité urbaine. Dans les régions rurales concernées, près de 400 000 personnes devraient voir leur accès aux opportunités économiques et aux services renforcé.
« Ce programme représente une opportunité stratégique majeure pour le Togo de renforcer sa position en tant que principal pôle de transport et de logistique de la sous-région et au-delà, en s'appuyant sur le Port de Lomé comme un atout stratégique. Il contribuera à stimuler la création d’emplois, à soutenir le développement des chaînes de valeur et à renforcer la capacité du pays à attirer des investissements privés de qualité », a déclaré Tony Verheijen, représentant résident du Groupe de la Banque mondiale au Togo.
Au-delà de l’infrastructure, le programme prolonge une dynamique déjà engagée entre le Togo et la Banque mondiale, dont le portefeuille y a atteint 1,49 milliard de dollars (1,3 milliard d’euros) en mars 2026. Il intervient quelques mois après l’approbation d’un financement de 150 millions de dollars destiné à soutenir l'investissement privé et la création d'emplois.
Olivier de Souza, Agence Ecofin