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Revolut accélère sa stratégie africaine entre le Maroc et l’Afrique du Sud

Idriss Linge, Agence Ecofin

Publié le 18 novembre 2025 à 09:54

Les ambitions africaines de Revolut passeront d’abord par le Maroc et l’Afrique du Sud.

Les ambitions africaines de Revolut passeront d’abord par le Maroc et l’Afrique du Sud.

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Revolut renforce sa présence en Afrique en s’impliquant simultanément au Maroc et en Afrique du Sud. Entre un ancrage réglementaire solide et une adaptation locale, la fintech britannique prépare une expansion structurante sur le continent.

Avec plus de 65 millions d’utilisateurs dans le monde et une valorisation estimée à plus de 38 milliards d’euros, Revolut intensifie son déploiement en Afrique. Sa stratégie repose sur deux axes : une entrée progressive au Maroc, où l’environnement réglementaire est plus souple pour les paiements, et une démarche plus ambitieuse en Afrique du Sud, marché bancaire parmi les plus complexes et les mieux structurés du continent.

En Afrique du Sud, Revolut a franchi une étape majeure en nommant Dr Gaby Magomola, figure historique du secteur bancaire et ancien dirigeant d’African Bank, à la présidence de sa filiale locale à compter de janvier 2026. Cette nomination vise à consolider la crédibilité de la fintech auprès d’un régulateur réputé exigeant, la South African Reserve Bank, alors que Revolut a déjà déposé une demande formelle de licence bancaire complète au titre de la Banks Act afin de pouvoir offrir des dépôts, des crédits et des services bancaires universels.

Le Maroc, point d’entrée stratégique 

Le Maroc constitue l’autre pilier de l’expansion africaine de Revolut. Depuis 2025, la fintech y renforce activement sa présence locale avec des recrutements de haut niveau qui témoignent d’une volonté de s’ancrer durablement dans le pays. L’arrivée d’Amine Berrada, ancien directeur général d’Uber pour l’Afrique du Sud et l’Europe de l’Est, a permis de structurer les opérations et la stratégie. Quelques mois plus tard, la nomination de Yacine Faqir, ex-vice-président de Mastercard pour l’Afrique du Nord et francophone, à la tête de Revolut Maroc a consolidé le dialogue réglementaire avec Bank Al-Maghrib et accéléré la préparation du lancement opérationnel.

Revolut prévoit d’entrer sur le marché marocain en tant qu’établissement de paiement électronique, une première étape avant de viser une licence bancaire complète dans un délai de deux ans. Les discussions avec la banque centrale ont commencé dès la mi-2025 afin d’adapter l’offre aux spécificités locales et de préparer l’intégration aux infrastructures nationales.

Le marché marocain représente un terrain particulièrement porteur, notamment grâce au dynamisme de la diaspora dont les transferts ont atteint près de 11 milliards d’euros en 2024, à la progression du taux de bancarisation autour de 58 % en 2024, selon des données de la Bank Al-Maghrib (banque centrale), et à une adoption élevée du smartphone. Dans ce contexte, le Maroc occupe une position stratégique qui en fait un véritable hub vers l’Afrique francophone et le Moyen-Orient.

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Concurrence locale et marché global

Revolut doit néanmoins composer avec une concurrence africaine solide, portée par des fintechs qui se sont imposées grâce à une compréhension fine des marchés locaux. En Afrique de l’Ouest et plus précisément au Nigéria, des acteurs comme OPay ou PalmPay ont bâti des réseaux massifs en s’appuyant sur des offres low-cost et des écosystèmes hybrides alliant le digital et la présence physique.

En Afrique du Sud, TymeBank demeure la néobanque dominante avec plus de 10 millions de clients, tandis que dans l’espace francophone, Wave en Côte d’Ivoire est sur le point de franchir une étape décisive. Fin octobre 2025, plusieurs sources d’informaion non contredites, ont annoncé la création de sa société au capital de 20 milliards, avec pour objectif principal offrir des services de banque universelle. Si un agrément est obtenu dans ce sens, cela  élargira son modèle au-delà du simple mobile money.

Mais la dynamique la plus structurante du marché provient des investissements massifs de Safaricom dans les infrastructures numériques. L’opérateur kenyan, pionnier du mobile money avec M-Pesa, a engagé depuis 2023 une transformation profonde de son infrastructure technologique, comprenant le déploiement de plateformes cloud souveraines, la création d’une Data Factory dédiée à l’analyse avancée et l’intégration de solutions d’intelligence artificielle pour automatiser la gestion des transactions, renforcer la lutte contre la fraude et optimiser l’expérience client.

En misant sur le cloud, l’IA et la valorisation des données, Safaricom prépare un environnement technologique capable de supporter des volumes transactionnels croissants, tout en abaissant les coûts et en améliorant l’interopérabilité régionale. Ces investissements modifient profondément la structure du marché : ils créent de nouvelles exigences en matière de performance et de sécurité, accélèrent l’innovation et imposent un rythme qui pousse les fintechs internationales comme Revolut à renforcer leurs capacités locales pour rester compétitives.

Idriss Linge, Agence Ecofin

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