Pour l’essentiel, près de 70 % de l’enveloppe sera consacré aux filières coton, soja et noix de cajou, considérées comme structurantes pour l’économie béninoise.
L’agriculture pourvoit près de 25% du PIB du Bénin et emploie plus du tiers de la population active. Les autorités du pays veulent accroître l’industrialisation du secteur, en s’appuyant sur plusieurs filières stratégiques.
Le Bénin a obtenu, mi-juillet, un financement de 100 millions d'euros de la part de la Banque européenne d’investissement (BEI) et la Banque internationale pour l’industrie et le commerce (BIIC), afin de renforcer ses chaînes de valeur agricoles.
Cet appui qui s’inscrit dans la stratégie « Global Gateway » de l’Union européenne, doit surtout faciliter l’accès au crédit des petites et moyennes entreprises (PME), ainsi que des entreprises de taille intermédiaire béninoises, avec une priorité accordée aux filières agricoles intégrées.
Coton, soja et cajou au cœur des priorités
Pour l’essentiel, près de 70% de l’enveloppe sera consacré à 3 filières considérées comme structurantes pour l’économie béninoise : le coton, le soja et la noix de cajou. L’objectif est de bâtir des chaînes de valeur plus intégrées dans un pays qui joue déjà un rôle important dans la production de ses matières premières, en sous-région ouest-africaine.
Dans les détails, les interventions dans le coton porteront sur le renforcement des capacités locales de transformation pour sécuriser les chaînes d’approvisionnement textile de l’UE, tout en renforçant leur traçabilité. Pour le soja, le financement doit permettre d’accroître sa transformation locale pour répondre aux besoins intérieurs pour la consommation humaine et l’alimentation animale de façon à réduire la dépendance vis-à-vis des importations sur le marché mondial.
Dans la noix de cajou, des actions seront orientées vers le tri, la transformation et l’amélioration de la qualité, afin de rendre la filière plus résiliente et conforme aux normes européennes afin de tirer profit de la demande en pleine croissante sur le marché communautaire.
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Un appui aux ambitions de l'Etat dans l’agriculture
Ce soutien financier de la BEI et de la BIIC vient conforter un peu plus la volonté des autorités qui veulent faire monter le secteur agricole via l’industrialisation et en partenariat avec le secteur privé. Depuis une décennie, le pays entend ne plus se limiter à exporter des produits bruts, mais développer une véritable capacité de transformation locale afin de retenir davantage de valeur ajoutée sur son territoire.
Lancée en 2021, la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ) s’est imposée comme un véritable levier de croissance économique. Étendue sur 1 640 hectares, elle comprend actuellement 3 usines intégrées qui traitent chaque année 40 000 tonnes de fibre de coton, soit environ 12% de la production.
Le soja également fait partie des produits agricoles transformés au niveau de la zone industrielle. Il est désormais intégré à une vision plus ambitieuse de transformation locale avec l’interdiction depuis avril 2024, de l’exportation de soja brute. La noix de cajou, de son côté, représente aussi une autre filière concernée par cette politique industrielle.
Les données compilées par la Direction de la statistique agricole montrent par exemple que la récolte de noix de cajou a progressé de 56,47% en l’espace de cinq ans, passant de 130 276 tonnes en 2019 à 203 844 tonnes en 2023. En renforçant le tri et la transformation sur place, le Bénin peut aussi capter une plus grande part de la valeur créée et exporté des amandes vers des marchés rémunérateurs comme l’Union européenne (UE).
Plus globalement, ces orientations s’appuient sur les réformes engagées dans le cadre du Programme d’action du gouvernement et du Plan stratégique de développement du secteur agricole. Ces cadres ont déjà permis d’accélérer la mécanisation, de soutenir l’irrigation et de mieux organiser certaines filières.