L’enveloppe servira à accélérer l’accès à des solutions de cuisson non polluantes dans une Afrique qui concentre près de 1 milliard de personnes n'en disposant pas.
En Afrique, l’accès des populations à une cuisson propre demeure l’un des principaux défis énergétiques. Entre politiques nationales et appuis financiers des partenaires au développement, l’heure est désormais à une mobilisation générale.
900 millions de dollars, soit environ 788,2 millions d'euros. C’est l’engagement financier annoncé le 9 juillet dernier par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) en faveur de la cuisson propre en Afrique, en marge d’un sommet virtuel qui a vu la participation du président kényan William Ruto, du secrétaire américain à l’Énergie Chris Wright, et de la commissaire de l’Union africaine (UA) chargée de l’Énergie et des Infrastructures, Lerato Mataboge.
L’enveloppe servira à accélérer l’accès à des solutions de cuisson non polluantes, à appuyer les politiques publiques et à renforcer les chaînes d’approvisionnement nécessaires à la diffusion des équipements et combustibles propres.
Un soutien financier international qui se renforce
Ce montant vient s’ajouter aux 2,2 milliards de dollars (environ 1,93 milliard d'euros) d’engagements publics et privés mobilisés lors du premier Sommet consacré à la cuisson propre en Afrique, organisé à Paris en 2024 par l’AIE aux côtés des gouvernements de la Norvège, de la Tanzanie et de la Banque africaine de développement (BAD). Depuis ce sommet inaugural, l’AIE indique que 740 millions de dollars (environ 649 millions d'euros) ont été décaissés dans 22 pays africains.
En effet, si à travers le monde, près de 2 milliards de personnes vivent encore sans accès à des solutions de cuisson propre, l’Afrique reste la région la plus touchée avec près d’un milliard de personnes, ce qui provoque environ 815 000 décès prématurés chaque année touchant principalement les femmes et les enfants.
« L’ambition seule ne suffit pas. Elle doit être soutenue par l’investissement. Combler le déficit d’accès à la cuisson propre sur le continent exigera des investissements à grande échelle, alors que les financements annuels restent bien en deçà des besoins. C’est pourquoi les annonces entendues aujourd’hui sont importantes », a indiqué le président William Ruto.
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Une course contre la montre
Ces engagements successifs rappellent que la cuisson propre reste l’un des défis énergétiques majeurs du continent africain. Audelà des effets immédiats sur la santé, les pratiques traditionnelles de cuisson ont aussi un lourd impact climatique, en alimentant les émissions de gaz à effet de serre et en accélérant la dégradation des massifs forestiers.
« Le manque d’accès à une cuisson propre est également lié à la perte de 1,3 million d’hectares de forêtschaque année, ce qui réduit une ressource essentielle pour le continent. L’impact combiné de ce phénomène et des émissions directes liées à l’absence d’accès à une cuisson propre équivaut aujourd’hui à un quart des émissions de CO2 liées à l’énergie en Afrique », explique l’AIE.
En République démocratique du Congo, qui abrite le deuxième poumon écologique de la planète après l’Amazonie, près de 560 000 hectares de forêts ont été ainsi perdus en 2025 sous l’effet de l’expansion des terres cultivées, de l’exploitation du bois pour la cuisson et de la production de charbon de bois, principale source d’énergie des ménages selon Global Forest Watch (GFW).
Dans le pays, la Banque mondiale estime que la biomasse représente 98,8% de la consommation énergétique domestique, dont 81,8% sous forme de bois de chauffage et 17% de charbon de bois, tandis que la part des sources d’énergie domestique plus propres demeure marginale. Et si la cuisson propre est reconnue à la fois un enjeu de développement, de santé et de climat, les choix énergétiques des ménages se heurtent souvent à des contraintes de coût et de disponibilité des équipements comme les cuisinières modernes.
Dans un tel contexte, les observateurs estiment que la généralisation de l’usage du gaz de pétrole liquéfié (GPL) dans les ménages, aussi bien en zones rurales que périurbaines et urbaines, constitue l’un des leviers les plus importants pour accélérer la transition vers la cuisson propre.
Son adoption à grande échelle suppose toutefois des investissements continus, des subventions mieux ciblées, une amélioration des chaînes logistiques et des politiques publiques cohérentes, capables de rendre le GPL plus accessible, plus abordable et plus fiable pour les populations. Au-delà de la simple disponibilité du combustible, il s’agit aussi de développer les infrastructures de stockage, de distribution et de commercialisation, afin d’éviter les ruptures d’approvisionnement et de réduire les coûts supportés par les ménages.