Visit Rwanda et Arsenal tournent la page : Kigali redéploie sa stratégie mondiale
Moutiou Adjibi Nourou, Agence Ecofin

Après huit saisons, Kigali juge que le partenariat a pleinement rempli les objectifs fixés pour Visit Rwanda.
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Moutiou Adjibi Nourou, Agence Ecofin

Après huit saisons, Kigali juge que le partenariat a pleinement rempli les objectifs fixés pour Visit Rwanda.
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Arsenal et le Rwanda Development Board ont annoncé qu’ils mettront fin, en juin 2026, à un partenariat initié en 2017 et devenu l’une des collaborations les plus visibles entre un État africain et un club européen. Présenté comme une fin de cycle convenue, ce retrait marque à la fois l’aboutissement d’une stratégie de visibilité internationale et le début d’une nouvelle phase pour la marque « Visit Rwanda ».
Le communiqué officiel souligne que les objectifs initiaux ont été dépassés. En huit ans, le Rwanda a vu ses revenus touristiques croître de 47% à 650 millions entre 2017 et 2024, tandis que le pays accueillait 1,3 million de visiteurs l’année dernière. Le partenariat a également mis en avant l’image d’une destination tournée vers la conservation, notamment via des événements comme le Rwanda Heritage Day à l’Emirates Stadium ou les expériences immersives de joueurs et anciennes gloires du club dans les parcs nationaux.
Un cycle stratégique désormais accompli
Pour les responsables rwandais la fin du partenariat ne traduit pas une rupture, mais une évolution. Après huit saisons, Kigali estime que ce partenariat a atteint l’ensemble des objectifs que le pays s’était fixé au lancement de Visit Rwanda. L’initiative, d’abord centrée sur la notoriété touristique, a progressivement servi d’outil pour promouvoir les investissements, la capacité du Rwanda à accueillir des événements internationaux, et son ambition de devenir un hub sportif africain.
Selon une source proche du dossier, la logique est simple : « un partenariat a un début et une fin ; nous avons obtenu tout ce que ce cycle pouvait apporter ». Si cette lecture insiste sur une visibilité désormais considérée comme acquise, la collaboration avec Arsenal n’a pas totalement échappé aux critiques, notamment dans le contexte de la crise sécuritaire en RDC.
Dans le sillage du partenariat avec le PSG, prolongé jusqu’en 2028, une pétition en ligne avait recueilli plusieurs dizaines de milliers de signatures, tandis que certains supporters d’Arsenal avaient exprimé leurs réserves concernant un éventuel renouvellement de la campagne Visit Rwanda.
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Mais ces contestations, bien que présentes, n’ont pas détourné Kigali de sa ligne : poursuivre sa stratégie d’attractivité en s’appuyant sur le football européen.
Un pivot assumé vers les États-Unis et l’Espagne
Le Rwanda redéploie désormais son effort vers de nouveaux marchés. Le choix des États-Unis répond à un critère décisif : il s’agit aujourd’hui du premier marché en matière de dépenses touristiques étrangères au Rwanda. L’arrivée de Visit Rwanda dans l’écosystème sportif américain – notamment via les Los Angeles Clippers et, plus largement, au sein du groupe Kroenke – s’inscrit donc dans une logique d’optimisation du retour sur visibilité.
L’Espagne, de son côté, ouvre une fenêtre sur l’ensemble de l’espace hispanophone grâce au partenariat avec l’Atlético de Madrid. Cette orientation linguistique et culturelle élargit considérablement la portée de la campagne. Les premiers signaux semblent positifs : Kigali affirme avoir déjà reçu plusieurs manifestations d’intérêt d’investisseurs depuis le début de la saison. Comme le résume un responsable rwandais, « la stratégie porte ses fruits ».
Construire au-delà de la visibilité
La fin du contrat avec Arsenal ne signifie pas un retrait du marché britannique. Les huit années de présence ont permis de bâtir un réseau solide – institutions, diaspora, opérateurs touristiques, partenaires locaux – que l’ambassade du Rwanda continuera d’animer. L’objectif n’est plus seulement d’être visible, mais de transformer cette visibilité en relations économiques durables.
Cette transition s’inscrit dans une trajectoire plus large : le Rwanda cherche désormais moins à se faire connaître qu’à convertir son capital de marque en investissements, en tourisme spécialisé et en opportunités économiques. C’est cette évolution que symbolise le recentrage sur l’Amérique du Nord et l’espace hispanique.
Un modèle rwandais désormais bien installé
Le succès du programme Visit Rwanda en fait un cas d’école sur le continent. Mais Kigali reste prudent quant aux comparaisons. « Nous savons pourquoi nous l’avons fait, et chaque pays doit penser sa propre stratégie », glisse une source familière du dossier. Le modèle rwandais repose en effet sur un équilibre spécifique : conservation, tourisme premium, culture événementielle et diplomatie sportive.
La collaboration avec Arsenal aura permis au Rwanda de franchir un cap dans sa visibilité internationale. La nouvelle phase qui s’ouvre repose sur la même logique d’ambition, mais avec un accent plus marqué sur les marchés à haut potentiel et les retombées économiques mesurables.
Moutiou Adjibi Nourou, Agence Ecofin
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