A mesure que les chocs internationaux perturbent les investissements, les infrastructures - particulièrement long-termistes - sont souvent le parent pauvre des milliards circulant dans le monde. Alors que les experts de l’Africa Finance Corporation mettent en lumière 4 000 milliards de dollars de capitaux domestiques disponibles, les instances africaines pensent le changement, conservant toutefois l'idée du partenariat international.« Pendant longtemps, l’Afrique a été décrite pour son potentiel, mais l’Afrique n’est pas pauvre en capital », déclare Samaila Zubairu, PDG de l’Africa Finance Corporation (AFC), estimant que le continent a juste besoin de « systèmes intelligemment orchestrés qui permettent de concrétiser des changements en matière d’infrastructures et d’industries ». S’exprimant lors du sommet The Africa We Build que son institution organisait les 23 et 24 avril à Nairobi en collaboration avec le gouvernement kényan, le patron de l’une des plus importantes institutions financières du continent fait ainsi écho aux conclusions du rapport 2026 sur l’état des infrastructures en Afrique. L’une des plus saisissantes : l’Afrique dispose d’une base de capitaux domestiques de plus 4 000 milliards de dollars qui peuvent servir à financer des projets d’infrastructures dans l’énergie, les industries, la tech, le transport et la logistique.
L’appui extérieur flanche, les capitaux domestiques explosent
Le rapport fustige, en effet, l’idée selon laquelle le continent africain – qui fait face à un déficit en infrastructures de 108 milliards de dollars par an selon la Banque africaine de développement (BAD) – n’aurait pas les moyens de combler le gap. L’accent étant souvent mis sur la nécessité de mobiliser davantage de financements étrangers, l’étude pointe cependant, la baisse de près de 10 milliards de dollars en trois ans de l’aide publique au développement, passée de 83,8 milliards de dollars en 2020 à 73,5 milliards de dollars en 2023. Une tendance renforcée sur les deux années consécutives à cette période, quand, rappelons-le, les pays les moins avancés sont les plus touchés par la baisse de la valeur de l’investissement international dans les infrastructures en 2024, en raison de l’incertitude persistante relative aux taux de change et aux taux d’intérêt, d’après l’ONU Commerce et Développement. De plus, selon la même source, les flux d’investissements directs étrangers (IDE) vers l’Afrique ont également chuté de 38% en 2025. Une situation provoquée par les tensions géopolitiques qui poussent un peu partout dans le monde à un certain protectionnisme que la Guerre au Moyen-Orient renforce.