Le chercheur Jeffrey C. Hooke, auteur de l’ouvrage « The Myth of Private Equity », remet en question la thèse du capital-investissement, qui promet plus de rendement et moins de volatilité que les marchés cotés.Passé par la banque d’investissement et le private equity, Jeffrey C. Hooke est professeur de finance à l’université Johns Hopkins, dans le Maryland. En 2021, l’ex-financier passé par Lehman Brothers et Focus a écrit un ouvrage qui a fait grand bruit sur l’industrie qui l’a employé pendant près de trente ans : The Myth of Private Equity, An Inside Look at Wall Street’s Transformative Investments (Columbia University Business School Press). Il a échangé avec La Tribune, depuis Washington, sur les raisons pour lesquelles, six ans plus tard, il reste convaincu de ses conclusions.
La Tribune - Votre thèse est que, contrairement à sa promesse de vente, le capital-investissement n’est ni plus rentable, ni moins risqué, que les indices cotés comme le S&P 500. Comment en êtes-vous venu à cette conclusion ?
Jeffrey Hooke - Lorsque j’étais en finance, j’étais déjà sceptique par rapport aux promesses financières du capital-investissement. Plus tard, je suis devenu professeur à l’université Johns Hopkins du Maryland, où j’ai fait de la recherche dans ce champ. Cela m’a permis d’observer que l’industrie du capital-investissement était bâtie sur des chiffres mis en avant par les sociétés de gestion, et que personne ne les vérifiait – ni les investisseurs qui confient des milliers de milliards de dollars au fonds, ni les médias qui écrivent sur le secteur, ni les cabinets d’audit. Cela a été le point de départ de ma réflexion. Mon livre, The Myth of Private Equity, expose l’écart entre le mythe et la réalité de l’investissement en private equity.