Fraude bancaire : les banques européennes renforcent la sécurité des clients
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Les virements en zone euro entreront dans une nouvelle ère de sécurité. Le 9 octobre, le dispositif Verification of Payee (VoP), imposé par le Règlement européen 2024/886, deviendra obligatoire pour toutes les banques de l’Eurozone. Objectif : enrayer l’hémorragie des fraudes, qui ont coûté 312 millions d’euros à la France en 2023, selon les dernières données disponibles. Une révolution discrète, mais aux enjeux colossaux.
Concrètement, chaque virement SEPA — qu’il soit classique ou instantané — fera l’objet d’une vérification systématique et immédiate. Dès qu’un client lance une opération, sa banque interrogera automatiquement l’établissement du bénéficiaire, qui aura cinq secondes pour confirmer (ou infirmer) l’adéquation entre le nom saisi et l’identité réelle du titulaire du compte.
Quatre scénarios sont possibles : correspondance exacte, partielle, absence de match, ou impossibilité de vérifier. Pour les experts de la sécurité des transactions bancaires, C’est un progrès majeur pour sécuriser des transactions souvent effectuées dans la précipitation.
Contrairement à d’autres mesures anti-fraude, celle-ci ne complexifie pas la vie des usagers. Les moins à l’aise avec le numérique ne verront aucune différence et en cas de discordance, le client pourra toujours valider le virement… mais en étant clairement averti des risques.
Les chiffres donnent le vertige. Au premier semestre 2024, les arnaques par virement frauduleux ont bondi de 18% en volume, selon l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement de la Banque de France. « Un Français sur deux a déjà été victime de fraude bancaire », avait alerté Marguerite Collignan, directrice de l’éducation financière à la Banque de France.
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Deux méthodes d'arnaques dominent les clients : soit la manipulation (faux conseillers bancaires, usurpations), responsable de 43% des montants détournés ; soit le détournement de factures, où les fraudeurs piratent des échanges commerciaux pour rediriger les paiements.
L’urgence est d’autant plus grande que les virements instantanés — dont l’usage a explosé de 70% sur la même période — représentent désormais 9,3% des transactions. Pourtant, leur taux de fraude reste contenu (0,040%, contre 0,054% pour les cartes bancaires). « La vérification type VoP arrive à point nommé pour préserver cette relative résistance », analysent les experts, alors que ces paiements éclair devraient devenir majoritaires en 2025.
Si le système est salué, son efficacité dépendra de sa mise en œuvre par les 19 pays de la zone euro. « Les fraudeurs s’adaptent vite, mais cette mesure les force à relever la barre », estime un responsable bancaire sous couvert d’anonymat. Reste une inconnue : le comportement des clients face aux alertes. « Le vrai défi, ce sera de les convaincre de ne pas ignorer les signaux d’alerte par précipitation », confie un cadre de la Fédération bancaire française.
Prochaine étape : une évaluation dès 2026 pour mesurer l’impact sur le terrain. En attendant, les banques croisent les doigts : dans la course contre la cybercriminalité, chaque seconde — et chaque vérification — compte.
La Tribune (avec agences)
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