Guerre au Moyen-Orient : les assureurs maritimes résilient les contrats dans le Golfe, les tarifs s'envolent
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Le détroit d'Ormuz vu de Musandam, Oman, le 2 mars 2026
REUTERS - Amr Alfiky
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Le détroit d'Ormuz vu de Musandam, Oman, le 2 mars 2026
REUTERS - Amr Alfiky
Le détroit d'Ormuz, zone névralgique du commerce mondial d'hydrocarbure, est devenu une zone de non-droit pour les assurances. Le conflit armé entraîne une vague immédiate de renégociations, voire d'annulations, des clauses contre le « risque de guerre » qui protègent les navires marchands. Cette situation paralyse la navigation dans la zone bordée par l'Iran et Oman.
Les compagnies refusent désormais de couvrir la zone contre le risque de guerre, le jugeant devenu trop grand. Trois navires ont été attaqués dimanche dans le détroit stratégique d'environ 50 kilomètres.
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Face à ce péril immédiat, les répercussions opérationnelles sont directes. Le plus gros armateur mondial, l'italo-suisse MSC, a ordonné dimanche à tous ses navires présents dans le Golfe de « se mettre à l'abri ». Son concurrent français CMA CGM, propriétaire de La Tribune, avait donné la veille la même consigne à sa flotte.
Les assureurs se trouvent fondés à résilier ces polices spécifiques. Conçues pour couvrir un aléa, elles deviennent caduques dès lors que la guerre est avérée. « Ces résiliations sont très rapides », souligne Claire Jaunaux, nouvelle directrice du pôle Marine et Transport chez le courtier Eyssautier Verlingue, précisant que le préavis oscille entre 48 heures et 7 jours.
La suite s'annonce complexe. Les assureurs, ayant évalué la situation géopolitique et leurs expositions auprès des réassureurs, proposeront à nouveau des couvertures, mais à un tarif bien plus élevé, voire prohibitif. Les courtiers sondés s'attendent à des tarifs dix fois supérieurs à ceux pratiqués avant l'opération militaire lancée samedi par les États-Unis et Israël contre l'Iran, qui a entraîné des représailles de la République islamique.
Chaque semaine, les clés pour comprendre les marchés financiers.

La reprise des activités dans le Golfe reste incertaine. Les assureurs pourraient tout bonnement ne pas revenir tout de suite sur ce marché, prévient Frédéric Denèfle, directeur général du groupement Garex, spécialiste de l'assurance des risques liés aux conflits.
Même en cas de cessez-le-feu, la reprise du trafic sera lente. « Il faudra s'interroger sur l'existence de mines », reprend Frédéric Denèfle, « sur la portée du cessez-le-feu, est-ce que ce cessez-le-feu sera compris de la même manière par tout le monde, etc. ».
De plus, les spécialistes s'interrogent sur les couvertures des navires actuellement bloqués. Certaines clauses prévoient des indemnisations en cas d'immobilisation, d'autres couvrent les marchandises, notamment périssables.
Une possible extension du conflit à d'autres zones maritimes est également scrutée de près. Claire Jaunaux cite spontanément la mer Rouge, où les houthistes, soutenus par l'Iran, ont mené l'an dernier des attaques. La Méditerranée orientale pourrait aussi être concernée : un drone iranien s'est écrasé lundi sur une base britannique à Chypre, entraînant l'envoi de frégates et d'avions F-16 par la Grèce.
(Avec AFP)
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