Une enquête menée par le syndicat national de la banque révèle la large adoption de l'intelligence artificielle par le secteur. Si la menace sur l'emploi est incertaine, ces nouveaux modèles de langage pourraient repenser durablement le métier de banquier.
Le secteur bancaire ne fait pas exception à l'essor de l’intelligence artificielle. Une enquête menée par le syndicat national de la banque et du crédit (SNB/CFE-CGC) révèle que près de 73,5 % des salariés du secteur utilisent des outils d’IA générative, dont 25,8 % tous les jours et 30,7 % plusieurs fois par semaine.
Assistants virtuels
D'après cette étude dévoilée le 19 mars dernier et menée réalisée auprès de 1.191 répondants, l’IA est majoritairement perçue comme un levier de performance (62,9 %). Les résultats montrent que les salariés ne sont pas dans une logique de rejet, mais identifient clairement les bénéfices potentiels de ces technologies tout en ayant pleinement conscience de l’ampleur des évolutions à venir (64,7 %).
Dans la pratique, les banques intègrent l’IA pour automatiser certaines tâches et réduire le délai de traitement des demandes clients. Par exemple, les assistants virtuels répondent aux questions fréquentes, les mettent en relation avec les conseillers et vont jusqu'à offrir des conseils de gestion de portefeuille. L’IA analyse en direct les transactions financières, est utilisée pour sécuriser les paiements bancaires et détecter des fraudes.
Déshumanisation de la relation client
Même si deux tiers des répondants y voient un gain d’efficacité, les craintes sociales restent importantes avec 57,9 % qui considèrent que l’IA menace directement leur poste ou missions. Les principales inquiétudes des salariés portent sur la perte de compétences et d’expertise, la déshumanisation de la relation client, la réduction des effectifs et les risques liés à l’automatisation des décisions.
«L’inquiétude vient surtout de l’incapacité à savoir quel impact aura l’IA sur nos métiers dans le futur et quelles tâches seront entièrement absorbées par celle-ci. Par exemple, certaines banques comme Revolut ont dès leur lancement mis en place des outils d’IA sur la partie SAV et n’ont pas de centre de relation client. Cela prouve donc que l’IA est capable de réaliser ces métiers-là.
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