Dette américaine : les taux à 10 ans au plus haut depuis juillet 2025, très mauvaise nouvelle pour Trump
latribune.fr
La guerre au Moyen-Orient, déclenchée le 28 février par des frappes israélo-américaines sur l'Iran, fait flamber les prix de l'énergie et entraîne des hausses de coûts en cascade (photo d'illustration).
KKI - REUTERS - Evelyn Hockstein
Dette américaine : les taux à 10 ans au plus haut depuis juillet 2025
Sous l'effet d'une inflation à la production bondissant à 6 % en avril, les rendements des bons du Trésor américain se tendent violemment mercredi. Portés par la flambée des coûts de l'énergie liée au conflit au Moyen-Orient, ces taux pèsent sur le budget de l'État et le pouvoir d'achat. Une mauvaise nouvelle pour Donald Trump à quelques mois des midterms.
Les taux d'intérêt des emprunts de l'État américain grimpent mercredi à des niveaux plus vus en dix mois. Vers 14 H 45, le rendement à dix ans dépassait les 4,48 %, un plus haut depuis juillet 2025. Son équivalent à plus long terme, à 30 ans, suivait la même progression. Par comparaison, avant les premières frappes israélo-américaines sur l'Iran, l'échéance à dix ans évoluait à 3,94 %.
Les marchés ont été surpris par une inflation côté producteurs nettement plus élevée qu'attendue en avril. L'indice des prix à la production (PPI) a bondi en avril aux États-Unis, à +6 % sur un an contre +4,3 % en mars, selon des données publiées mercredi augurant de fortes tensions futures sur les prix payés par les consommateurs. Or, les prêteurs demandent une meilleure rémunération quand ils voient une poussée d'inflation, pour éviter que celle-ci ne grignote leurs gains.
Dans le détail, les prix à la production sont ceux auxquels les entreprises vendent leurs produits ou leurs services, par exemple au gouvernement, aux consommateurs ou à d'autres entreprises. L'indice permet de jauger les pressions sur leurs coûts de production, qui sont souvent répercutées jusque dans les prix en magasins.
Flambée des coûts
La guerre au Moyen-Orient, déclenchée le 28 février par des frappes israélo-américaines sur l'Iran, fait flamber les prix de l'énergie et entraîne des hausses de coûts en cascade. Mardi, l'inflation côté consommateurs (CPI) pour le mois d'avril aux États-Unis avait déjà été marquante, en s'affichant au plus haut en près de trois ans. Le prix de l’essence atteint plus de 4,50 dollars en moyenne le gallon (3,78 litres) aux États-Unis. Une mauvaise nouvelle pour Donald Trump à quelques mois des midterms, les élections de mi-mandat qui détermineront la majorité au Congrès.
La dernière fois que le rendement à dix ans avait été autour des 4,5 %, le président américain était revenu sur son annonce des droits de douane en avril 2025 pour calmer les investisseurs.
Une hausse prolongée des taux d’intérêt sur la dette américaine sur dix ans n’est pas un signal positif. Car des taux élevés signifient un coût d’emprunt supérieur pour les ménages, notamment pour les emprunts immobiliers. La hausse du prix de l’énergie participe aussi à l’inflation et contribue à maintenir une politique monétaire restrictive par la Fed, la banque centrale américaine, qui maintient pour le moment le statu quo sur les taux.
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Autre conséquence de l’augmentation des Treasury bonds : la charge de la dette. Des taux d’emprunt plus élevés signifient que l’État américain doit consacrer une part plus importante de son budget au remboursement des intérêts de sa dette. Le déficit se creuse et c’est de l’argent en moins pour des postes essentiels et stratégiques comme l’éducation ou la défense. La dette américaine a franchi la barre des 39 000 milliards de dollars en mars, moins d’un an après avoir dépassé les 38 000 milliards. Le paiement des intérêts de la dette devrait atteindre les 1 000 milliards de dollars cette année.