Une commission d’enquête, menée par la députée (LFI) Aurélie Trouvé, s’intéresse aux mauvaises pratiques de certains fonds d’investissement et veut déterminer l’influence de ces acteurs sur l’économie française.
« J’ai vu un certain nombre de cas de prédation. » La députée (LFI) Aurélie Trouvé a lancé cette semaine une commission d’enquête sur les pratiques des fonds d’investissement. Depuis jeudi, plusieurs experts et économistes sont interrogés sur une question fondamentale : ces fonds sont-ils néfastes à l’économie française ? D’autres auditions de nombreux acteurs doivent suivre.
« Ces fonds injectent du capital dans les entreprises, prennent des participations minoritaires, et accompagnent des entreprises jeunes ou en forte croissance », a tenu à rappeler lors de son audition Ludovic Phalippou, professeur de finance à Oxford. Pour autant, « certains d’entre eux montrent aussi des pratiques qui peuvent être considérées comme prédatrices », explique àLa Tribune la rapporteuse de la commission Aurélie Trouvé.
Des mauvaises pratiques d’acteurs étrangers… mais aussi français
La députée donne notamment l’exemple de NovAsco, fermée par le fonds de retournement Greybull Capital un an seulement après son rachat et un soutien de 86 millions d’euros de l’État pour relancer l’aciérie. Face à ce fiasco et à la promesse non tenue du fonds d’apporter plusieurs dizaines de millions d’euros d’investissements, le gouvernement a annoncé avoir déposé deux plaintes contre le fonds britannique.
Mais la députée a aussi dans sa ligne de mire des fonds d’investissement français. Elle reproche notamment la vente de LMB Aerospace par Tikehau. Le financier installé à Paris a doublé sa mise en vendant l’entreprise française au fonds américain Loar Group, après avoir bénéficié de 200 millions d’euros de financements publics.
« Nous avons des soupçons sur les pratiques d’autres fonds comme Ardian, Weinberg ou encore Eurazeo », précise la députée LFI.
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« On a besoin de comprendre s’il y a des lacunes dans le système et comment mieux encadrer ce secteur dans ce cas », ajoute Emmanuel Mandon, député MoDem et président de la commission.