Une alliance de partenaires publics et privés va intervenir sur les milliers de parcelles viticoles en perdition. Objectif : racheter les terres via une société foncière pour éviter un effondrement des prix et tourner la page de la monoculture de la vigne. Un appel à manifestation d’intérêt auprès des propriétaires sera lancé début mars. 30 millions d’euros sont déjà sur la table.Ne pas laisser le vignoble sombrer dans l’abandon. C’est le mot d’ordre des partenaires rassemblés par la préfecture de Gironde au sein de la cellule de crise viticole. L'urgence est palpable : dans le vignoble, près de 20 000 hectares ont déjà été arrachés en deux ans tandis que des milliers d'autres ne sont plus cultivés. Pour éviter que le Bordelais ne devienne une vaste friche à l’heure de la dégringolade des ventes de vin, l’alliance des pouvoirs publics, syndicats agricoles, banques, interprofession et chambres consulaires vient de donner le feu vert à une initiative inédite dans le monde agricole.
Après seulement quatre mois de réflexions et d’échanges, les partenaires ont validé ce 25 février un véhicule financier expérimental visant à comptabiliser, racheter, remembrer puis revendre les parcelles viticoles en quête de renouveau. La démarche doit à la fois permettre d’éviter la dispersion des friches viticoles dans le paysage et de refinancer les exploitations qui ont tout misé sur la viticulture.
« Redonner des perspectives aux viticulteurs »
L’État et la Région qui coordonnent le dispositif à la demande de la filière évoquent « un véritable projet de territoire » susceptible de « redonner des perspectives aux viticulteurs girondins, en développant notamment la diversification. »
Dans les faits, il s’agit d’assembler une fusée à deux étages. D’abord un outil d’amorçage porté par l’Établissement public foncier de Nouvelle-Aquitaine et doté de 10 millions d’euros d’argent public avec la mise en place d’une garantie de bonne fin par les banques. L’objectif est d’avancer très rapidement puisque l’EPF devrait délibérer dès le 5 mars pour ensuite commencer à racheter des parcelles de vignes arrachées.