Alors que les collectivités sont de plus en plus confrontées aux consommations détournées de protoxyde d'azote, qui génèrent des impacts forts sur les centres de tri et les incinérateurs, un acteur chambérien spécialisé dans le traitement des déchets a développé une technologie qui se veut innovante afin de répondre aux enjeux de valorisation de ces déchets pouvant s'avérer dangereux.Depuis quelques mois, la consommation de protoxyde d'azote grimpe : rien qu'en Auvergne-Rhône-Alpes, un récent inventaire publié par les trois centres d’Addictovigilance de Clermont-Ferrand, Grenoble et Lyon a recensé 531 patients admis sur la période 2021-2025, dont plus de la moitié présentaient des complications graves suite à un usage récréatif détourné de ce gaz hilarant. Auvergne Rhône-Alpes serait d'ailleurs la 4ª région la plus concernée, selon des statistiques nationales des Centres Antipoison, alors que l'ARS relève que « les données disponibles restent inférieures à la réalité des usages observés sur le terrain ».
Ce produit, utilisé à l'origine en cuisine dans les siphons à chantilly ou dans le milieu médical pour ses vertus anesthésiantes, est aujourd'hui détourné par des jeunes avides de nouvelles sensations. Inhalé, ce gaz provoque des effets rapides (sensation d’euphorie, rires, vertiges) et se pose de plus en plus à l'origine de conséquences sanitaires (intoxications, etc) et d’accidents graves.
Un fléau non seulement pour des enjeux de santé publique, mais aussi sur le plan moins connu du traitement des déchets, assuré par les collectivités et les opérateurs de tri : « Le protoxyde d’azote provoque des explosions dans les presses à balles des centres de tri, mais aussi dans l’incinérateur qui vient casser la grille du four », explique Savoie Déchets, l’organisme en charge du traitement et de la valorisation des déchets, qui gère notamment une usine d’incinération à Chambéry (Savoie).
Des dégâts qui peuvent occasionner non seulement des risques de blessures pour ses salariés, mais également des dommages matériels ainsi que des arrêts de production, qui ont également un impact sur la production d’énergie habituellement injectée dans le réseau de chaleur et d’électricité local. Savoie Déchets estime ainsi que le protoxyde d'azote lui coûte désormais jusqu'à 300 000 euros chaque année dans ses opérations.