Face à la flambée des prix liée au conflit au Moyen-Orient, le gouvernement active un soutien ciblé aux agriculteurs, avec une aide pouvant atteindre 70 euros par tonne d'engrais azotés. En parallèle, un plan industriel de 2 milliards d'euros vise à relocaliser la production sur dix ans.
Le gouvernement ouvre le carnet de chèques pour aider les agriculteurs. Il vient d’annoncer, ce jeudi, 145 millions d’euros d’aides d’urgence pour alléger la facture d’engrais des agriculteurs.
Ces aides d’urgence sont constituées des 107 millions d’euros destinés à la France et issus de la réserve de crise européenne, auxquels s’ajouteront des crédits nationaux, a déclaré la ministre de l’Agriculture Annie Genevard lors d’une conférence de presse, aux côtés de son collègue de l’Industrie Sébastien Martin.
Dans le même temps, le gouvernement engage une stratégie de long terme « pour réduire la dépendance de la France aux engrais importés », avec trois priorités : mieux utiliser les engrais (et réduire leur usage), développer les alternatives organiques, et produire davantage d’engrais décarbonés en France, en soutenant à hauteur de 620 millions d’euros un « programme d’investissement industriel de 2 milliards d’euros sur dix ans ».
Soutien aux céréaliers
Face à la flambée des cours des engrais liée à la guerre au Moyen-Orient, Annie Genevard a dit « l’urgence » de venir en aide aux agriculteurs, notamment les céréaliers « après trois années dans le rouge » du fait des prix bas du blé et du maïs sur les marchés mondiaux. « Soutenir l’achat d’engrais aujourd’hui, c’est protéger les récoltes de demain », a-t-elle martelé.
Le dispositif apportera « une aide de 50 euros par tonne d’engrais azotés simples à tous les agriculteurs », plafonnée à hauteur de la moitié de leur consommation de 2025, a précisé la ministre. Cette aide « sera portée à 70 euros/t » pour les agriculteurs dont les engrais pèsent plus de 10 % de leurs charges.
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Cette aide (déclenchée à partir d’un plancher de 750 euros) s’appliquera aux achats d’engrais azotés « effectués entre le 1er juin 2026 et le 1er octobre 2026 » : à cette date, la situation sera réévaluée, en fonction de l’évolution du prix des engrais liée au conflit au Moyen-Orient.
Produire des engrais locaux
Alors que la France importe plus de 60 % de ses engrais azotés, Sébastien Martin a souligné la « nécessité de pouvoir produire des engrais bas carbone ».
Outre le soutien de l’État aux entreprises dans le cadre du plan « électrification » de la France, le ministre a annoncé un « programme d’investissements » de 2 milliards d’euros sur dix ans « avec un soutien public de 620 millions d’euros » visant à « augmenter de 20 % la production nationale d’engrais azotés d’ici 2032 ».