Souveraineté alimentaire : le cri d'alerte de l'emmental français
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De l'emmental au marché de Rungis.
PHW/SAA/ - REUTERS - Philippe Wojazer
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De l'emmental au marché de Rungis.
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Il y a déjà eu le poulet, les œufs, l'agneau… C'est maintenant au tour de l'emmental, le fromage le plus consommé par les Français, de lancer l'alerte sur le risque d'être écrasé par les importations.
Alors que 92,6 % des foyers français en raffolent pour leurs gratins, leurs pâtes ou leurs sandwichs, et en achètent en moyenne plus d’une fois par mois, 20 % de l’emmental consommé en France est en effet d’origine UE, met en garde un collectif créé en 2024 autour de la coopérative Sodiaal. La situation est en train d'empirer : en janvier 2026, les importations d'emmental ont crû de 54%, selon le collectif, qui organise cet après-midi un colloque dédié à l'Assemblée nationale.
« L'enjeu économique est très important », souligne Thierry Cotillard, le président du groupe Les Mousquetaires qui adhère aussi au collectif. 10 % de la production laitière française servent à fabriquer chaque année environ 250 000 tonnes d’emmental en France, selon des données de 2024. 7 500 éleveurs, 15 sites de production et 3 300 salariés s'y attellent. Grâce à cela, « les volumes de production sont suffisants pour couvrir la demande française », souligne-t-il.
Si « certains sont tentés d'importer de l'emmental d'Allemagne ou de Belgique dans les rayons, notamment parmi les produits “premiers prix”, mais aussi dans la restauration hors domicile voire dans l'industrie agroalimentaire », c'est donc essentiellement à cause du moindre prix payé aux producteurs en Allemagne, notamment depuis que le marché se retrouve en surproduction, explique Jean-Michel Javelle, le président de Sodiaal, qui produit près de 32 % du volume total d’emmental français avec 25 % de son lait.