Une semaine qui vaut plusieurs centaines de millions d’euros pour les vins de Bordeaux. Les Primeurs se tiennent dans tout le vignoble jusqu’au 23 avril pour lancer la commercialisation du millésime 2025. Après deux exercices très difficiles, ce « grand millésime » qui arrive en quantité très réduite redonne le sourire aux vignerons comme aux acheteurs. À condition de ne pas être trop gourmand sur son prix.« Complexe » mais « accessible », « aromatique », « fruité », « sérieux », « ensoleillé », « élégant » : les viticulteurs girondins empilent les adjectifs élogieux pour décrire le millésime 2025. Ce « grand millésime » qui est actuellement dégusté par des acheteurs, négociants et critiques venus de toute la France et de tous les marchés stratégiques pour participer à la semaine des Primeurs du 20 au 23 avril 2026.
Une fréquentation en hausse
Marqueur essentiel du vignoble bordelais, cet événement consiste à vendre un vin avant même qu’il ne soit élevé puis mis en bouteille. De quoi alimenter la trésorerie des exploitations puisque le vin y est payé 18 mois à deux ans avant d’être livré au client. Et si cela permet d’injecter un milliard d’euros dans les caisses du vignoble lors des grandes années, les Primeurs ont très mal fonctionné en 2024 et à nouveau en 2025 avec plusieurs centaines de millions d’euros de manque à gagner. Autant dire que, dans un contexte globalement délétère, cette édition est particulièrement attendue par la filière.
Et, fort heureusement, les professionnels constatent un intérêt avéré des acheteurs pour ce millésime 2025 : « Nous attendons 5 500 visiteurs de 85 pays cette année contre 4 400 personnes venues de 70 pays l’an dernier », se réjouit François-Xavier Maroteaux, le président de l’Union des grands crus de Bordeaux. « Cela montre qu’en termes d’attractivité, on est toujours là ! Bordeaux a baissé ses prix et propose désormais un rapport qualité-prix sans égal dans le monde », poursuit le propriétaire du château Branaire-Ducru, en Saint-Julien. « On est sur des vins gourmands avec une grande buvabilité tout en restant des grands vins de garde et avec des profils d'alcool peu élevés », appuie également Aymone Fabre, du château Labegorce Margaux.