Face à la tension permanente des relations commerciales entre les distributeurs et leurs fournisseurs en France, qui compriment les revenus des agriculteurs, un projet et une proposition de lois remettent sur la table l'idée de fixer des « prix plancher ». La guerre au Moyen-Orient relance aussi l'idée d'une réforme en profondeur du système actuel, très rigide.Les informations à retenir
Pourquoi le revenu des agriculteurs revient-il au cœur du débat législatif ?
Les négociations commerciales 2026 ont été marquées par de fortes tensions et une baisse du prix du lait, malgré les précédentes lois Egalim.
Le gouvernement intègre des mesures sur le revenu dans son projet de loi d'urgence, incluant la possibilité de fixer des « prix planchers ».
Une réflexion s'engage pour sortir du dogme des négociations annuelles au profit de contrats pluriannuels plus stables.
Après la série de lois qui, entre 2018 et 2024, se sont succédé avec l'objectif d'améliorer le revenu des agriculteurs (dites lois Egalim), le gouvernement et les parlementaires avaient volontairement mis la question en pause. La raison affichée : la nécessité d'appliquer d'abord mieux ces textes récents, avant d'en évaluer l'efficacité et de proposer des correctifs. La raison sous-jacente, partagée par l'ensemble des acteurs de la chaîne alimentaire : l'issue incertaine d'un nouveau débat sur ce sujet inflammable dans un Parlement de plus en plus imprévisible.
La trêve semble désormais terminée. La tentative d'apaiser les tensions toujours aiguës entre les distributeurs et leurs fournisseurs de marques nationales par des démarches informelles, notamment via la signature , à l'automne dernier , d'une « charte » entre la Fédération du commerce et de la distribution (FCD) et diverses organisations professionnelles de l'agro-industrie (Ania, Feef, Ilec et Pact'Alim) , n'a pas donné les fruits espérés.
Encore plus de tensions que d'habitude
Au contraire, les négociations commerciales annuelles menées entre le 1er novembre 2025 et le 1er mars 2026 ont été particulièrement houleuses. La tenue en parallèle d'une commission d'enquête sénatoriale sur les marges des uns et des autres, ainsi que la dénonciation publique par la ministre de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire, Annie Genevard, le 15 février, du « chantage mortifère » de la grande distribution sur l'industrie, ont mis de l'huile sur le feu.