Les négociations commerciales annuelles entre les grandes enseignes de distribution et leurs fournisseurs de grandes marques devraient se dérouler dans un cadre plus serein cette année. Mais le principal ingrédient de tension persiste : la guerre des prix.La première date butoir, fixée au 1er décembre pour l'envoi des conditions générales de vente (CGV) par les fournisseurs à leurs distributeurs, est encore lointaine. Mais comme toutes les années, les fabricants de marques nationales et les enseignes de grande distribution commencent déjà à se mobiliser pour les négociations qui les tiendront en haleine jusqu'à leur fin, imposée par la loi au 1er mars 2026. Et comme toujours, les échanges s'annoncent déjà tendues, malgré un cadre à l'apparence plus serein qu'avant.
Enfin pas de nouvelle loi en vue
Depuis quelques mois, plusieurs indicateurs montrent en effet que, après plusieurs années inflationnistes, les consommateurs retrouvent un peu de pouvoir d'achat, ce qui relance enfin les volumes des ventes, y compris des produits premium. Dans certains secteurs, comme dans celui laitier, les producteurs gagnent en outre de mieux en mieux leur vie, grâce à une revalorisation du prix du lait, reconnaissent-ils.
Pour la première fois depuis 2018, en outre, agro-industriels et distributeurs s'apprêtent à négocier à cadre juridique constant. Après les diverses lois régissant leurs relations -dites « Egalim »- qui ont ponctué les dernières années, toute adoption d'un nouveau texte avant le 1er mars prochain, encore évoquée par le gouvernement en février, semble en effet désormais improbable. Une stabilité juridique désirée par tous les acteurs, censée permettre d'enfin faire un bilan de l'application de toutes ces réformes.
Demandes de renégociation des contrats
Pourtant, bien avant l'ouverture des boxes, les industriels affirment déjà être sous pression. « Nos adhérents se plaignent que des distributeurs trouvent des prétextes pour rouvrir les négociations », affirme Nicolas Facon, le président et directeur général de l'Institut de liaisons des entreprises de consommation (Ilec), qui rassemble une centaine de grands fabricants de produits de grande consommation (PGC).