Le numérique et l’intelligence artificielle transforment en profondeur le secteur agricole. A Montpellier, plusieurs organismes de recherche viennent de lancer une société savante. Objectif : structurer une communauté scientifique internationale dédiée à une agriculture numérique responsable.L’Institut Convergences agriculture numérique #DigitAg a été créé à Montpellier il y a dix ans, pour faire progresser la recherche sur l’agriculture numérique en croisant les disciplines, notamment « les technologues et les sciences humaines et sociales (SHS, ndlr) », souligne sa directrice Véronique Bellon-Maurel. Une approche née d’un double constat : les premiers ont compris qu’ils devaient mieux appréhender les freins d’usage, les seconds que la technologie pouvait aussi être un levier utile.
Financé dix ans, l’institut prend fin en 2026, laissant un héritage solide : une communauté scientifique dynamique, un corpus de connaissances et des coopérations internationales. Pour prolonger cette dynamique, six établissements d’enseignement supérieur et de recherche - INRAE, AgroParisTech, CIRAD, Inria, l’Institut Agro Montpellier et l’Université de Montpellier - créent la société savante #DigitAg International Research Community pour prendre le relais. Une initiative officialisée à Montpellier à la mi-avril. Son ambition : « Fédérer chercheurs, enseignants, doctorants et acteurs socio-économiques pour promouvoir des technologies numériques et une intelligence artificielle agricole inclusives et à faible impact environnemental, au service d’une agriculture plus agroécologique ».
Un réseau de chercheurs internationaux
« Deux points majeurs justifient l’intérêt de cette société savante, estime Jacques Sainte-Marie, chercheur mathématicien et directeur du programme numérique et environnement de l’Inria. D’abord, si les impacts négatifs du numérique sont largement documentés, ses apports positifs le sont moins, notamment en agriculture. Par exemple, l’alimentation pèse 20 % des émissions de gaz à effet de serre de la France et un numérique responsable peut contribuer à les réduire. En aidant l’agriculteur dans ses décisions - choix variétal, irrigation, etc. -, ces outils peuvent réduire l’empreinte environnementale de l’agriculture à moindre coût. »