Face à la montée en puissance de l’agrivoltaïsme, avec des panneaux solaires installés au-dessus des vignes, le syndicat des Côtes-du-Rhône voudrait inscrire leur interdiction dans le cahier des charges de l’appellation.Le syndicat des producteurs de Côtes-du-Rhône et Côtes-du-Rhône Village préfère prévenir que guérir. Craignant de voir fleurir au-dessus de leurs parcelles des dizaines de panneaux photovoltaïques, décision a été prise il y a quelques semaines d’interdire tout projet d’agrivoltaïsme.
Au média spécialisé Vitisphère, le président du syndicat Gilles Damien explique recevoir « une dizaine de projets agrivoltaïques par semaine, ce qui nous a rendu inquiets par la tournure que ça pouvait prendre, alors qu’il y avait des programmes d’une dimension exceptionnelle, vraiment trop énorme » et cela, « sans certitudes sur les effets viticoles mais avec un impact avéré : une défiguration totale de notre paysage ».
Une agriculture de façade
Le vigneron gardois redoute que derrière ces installations photovoltaïques pour lutter contre le réchauffement climatique, la réelle motivation soit de produire et vendre de l’électricité. Une crainte régulièrement avancée lors des discussions, à l’instar de la Confédération paysanne de l’Aude lors de l’inauguration en août dernier de « la plus grande ferme photovoltaïque de France » sur 8,4 hectares de vignes (en IGP) par l’entreprise Samsolar (groupe Samfi-Invest).
« Le risque est que la rentabilité des panneaux dépasse vite celle de la vigne, ou de toute autre activité agricole, qui ne deviendra plus qu’un prétexte pour garder l’autorisation de produire de l’électricité. Cela risque aussi d’augmenter le prix du foncier », redoute Étienne Ouvrard, le porte-parole de la Confédération paysanne.