L'ambiguïté de l'exécutif français face au Mercosur, et l'étroitesse de ses marges de manœuvre, sont notamment flagrantes à propos de la "clause de sauvegarde agricole spécifique".
REUTERS - Stephane Mahe
Face à l'opposition radicale et unanime des syndicats agricoles, l'exécutif français répète son refus de l'accord UE-Mercosur. Les trois « lignes rouges » qu'il fixe n'impliquent toutefois pas la renégociation du traité demandée par les agriculteurs.
La réaction virulente et immédiate de l’ensemble des syndicats agricoles français le 7 novembre, au lendemain du regard « plutôt positif » porté depuis Belém par Emmanuel Macron sur la conclusion d’un accord de libre-échange entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, l’a confirmé : l’opposition des agriculteurs français à ce traité, en cours de négociations depuis 25 ans, reste ferme et radicale. Comme l'Assemblée nationale, qui jeudi a voté une résolution contre le traité, ils sont unanimes dans leur demande d’une révision en profondeur du texte, considéré comme inéquitable et pernicieux pour l’agriculture européenne.
Craignant une mobilisation massive des agriculteurs, l’exécutif a donc depuis corrigé le tir. Le président de la République est rapidement revenu à son ancienne formule d’un refus de l’accord « en l’état ». « Tel qu’il existe aujourd’hui, (il) recueillera un non très ferme de la France », traduit la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard.
Trois garanties demandées par Paris
Traduction : la France a fixé trois « lignes rouges », précise Annie Genevard : « une clause de sauvegarde agricole spécifique », des « mesures miroirs » empêchant l’importation en Europe de produits agricoles non respectueux des normes européennes sanitaires et environnementales, et un renforcement des contrôles sanitaires.
Mais, face à l'objectif de la Commission européenne de signer le traité avant la fin de l'année, les garanties que la France pourrait concrètement obtenir ne pourraient pas être gravées dans le marbre. Aussi, elles n'impliqueraient aucune révision du corps de l'accord avec le Mercosur conclu à 2019, que l'UE répète ne plus vouloir toucher, pour ne pas remettre en cause l'équilibre global.
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