Commerce : Bruxelles veut concrétiser au plus vite l'accord Mercosur
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Stephane Mahe
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(Article mis à jour à 19h10)
Les négociations auront duré 25 ans. Mais la Commission européenne espère désormais aller beaucoup plus vite dans la finalisation de l'accord de libre échange avec le Mercosur. Le commissaire au Commerce, Maroš Šefčovič, l'a répété à plusieurs reprises lors d'une conférence de presse après l'adoption par la Commission européenne du traité qui unit l'Union européenne et cinq pays d'Amérique latine: l'Argentine, la Bolivie, le Brésil, le Paraguay et l'Uruguay. Et ce, malgré les critiques des agriculteurs, notamment français et polonais, inquiets des effets du traité sur certaines filières, ainsi que celles des défenseurs de l'environnement, qui dénoncent une nouvelle accélération de la mondialisation.
Bruxelles insiste sur les bénéfices pour l'économie européenne découlant de la création de « la plus grande zone de libre-échange au monde, couvrant un marché de plus de 700 millions de consommateurs », notamment au moment où l'accès à d'autres marchés, comme ceux américain ou chinois, se complique. En insistant sur l'abaissement progressif des droits de douane, l'exécutif « estime que l'accord peut accroître les exportations annuelles de l'UE vers le Mercosur jusqu'à 39 % (49 milliards d'euros), soutenant ainsi plus de 440.000 emplois en Europe ». Et cela au profit non seulement des voitures et produits pharmaceutiques, mais aussi des vins et fromages français : « les exportations agroalimentaires de l'UE vers le Mercosur devraient augmenter de près de 50 % », grâce aussi à protection de plus de 300 indications géographiques, calcule Bruxelles.
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La Commission martèle que l'agriculture européenne ne souffrira pas. Pour les produits considérés comme « sensibles », la réduction des droits de douane sera en effet limitée à des quotas représentants de petites fractions de la production de l'UE (par exemple, 1,5 % pour le bœuf et 1,3 % pour la volaille). L'accord inclut en outre une clause bilatérale de sauvegarde permettant de suspendre les importations en cas de déstabilisation de certains marchés, et s'appliquant -d'une manière inédite- aussi aux quotas.