Pêche : la filière française réclame un soutien budgétaire et le renouvellement de la flotte
latribune.fr
Le secteur souligne l'importance de " l'accès à la ressource ", dénonçant des pratiques de pêche illégale dans les eaux européennes, en particulier concernant le maquereau.
Au Salon de l’agriculture, les représentants du secteur ont demandé à Emmanuel Macron d’appuyer à Bruxelles la reconduction du budget européen de la pêche et un plan massif de modernisation des navires, au nom de la souveraineté alimentaire et de la sécurité maritime.
La filière française de la pêche est montée au créneau samedi auprès d’Emmanuel Macron. Le chef de l’État, accompagné de la ministre de la Pêche Catherine Chabaud et de la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, a échangé pendant plus d’une heure avec les représentants de France Filière Pêche et du Comité national des pêches, au « Pavillon France » du Salon de l’agriculture. Un entretien jugé « cordial » et « constructif » par les professionnels, qui assurent avoir obtenu le soutien présidentiel pour défendre leurs demandes à Bruxelles, où se décide l’essentiel de la politique commune de la pêche.
Au cœur des discussions : le futur cadre financier 2028-2034. La proposition de la Commission européenne prévoit « 2 milliards d’euros pour le budget pêche pour l’ensemble de l’Europe », soit une baisse de 60 % par rapport à l’enveloppe actuelle, a indiqué à l’AFP le président du Comité national des pêches, Olivier Le Nézet. « Nous demandons la reconduction a minima de l’enveloppe globale de 6,1 milliards (dont près de 570 millions pour la France), sans éparpillement des financements : l’objectif, c’est d’avoir une seule et unique enveloppe, gérée au niveau européen », a-t-il plaidé.
Pour la profession, l’enjeu dépasse le seul soutien économique. Il touche à la « souveraineté alimentaire » et à la capacité de l’Europe à sécuriser son approvisionnement en produits de la mer.
Moderniser une flotte vieillissante
Autre priorité : le renouvellement de la flotte française. Les navires affichent en moyenne 28 ans d’âge, tandis que l’âge moyen des marins atteint 50 ans. La filière demande un plan massif de modernisation afin d’attirer de nouveaux marins et d’améliorer la sécurité à bord. « C’est vital pour notre filière et c’est vital aussi pour la protection du domaine maritime français et européen », a insisté Olivier Le Nézet. Les pêcheurs affirment également avoir obtenu du président un soutien pour exiger de Bruxelles une « simplification du règlement des contrôles de pêche », jugé trop complexe.
Frédéric Toulliou, président de France Filière Pêche, qui regroupe mareyeurs, transformateurs et distributeurs, a plaidé pour un renforcement de la compétitivité, notamment en « permettant une meilleure identification de l’origine France des produits ». Tous ont enfin souligné l’importance de « l’accès à la ressource », dénonçant des pratiques de pêche illégale dans les eaux européennes, en particulier concernant le maquereau.
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