À force de taxes et de diminutions d’aides, la filière aéronautique tricolore pourrait perdre du terrain dans les prochaines années face à la concurrence mondiale, s’inquiète le patron de la filière, Olivier Andriès. Un constat qui inquiète, alors que les perspectives de croissance sont alléchantes.« Si vous mettez des boulets aux pieds des acteurs qui créent de la richesse dans le pays, ce n’est pas la meilleure façon de sortir du trou ». À un an de l’élection présidentielle, Olivier Andriès n’a pas hésité à faire passer ses messages aux futurs candidats avec sa casquette de président du Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (GIFAS). Des propos tenus lors d’une conférence de presse organisée mercredi 6 mai.
La crainte du responsable de cette filière comprenant quelque 540 entreprises? Que le secteur, premier contributeur de la balance commerciale de la France (à hauteur de 32,3 milliards d’euros), ne perde du terrain face à la concurrence internationale, en raison de l’excès de taxes et de la diminution du soutien public. « Comment fait-on pour rendre le territoire français actif et compétitif, c’est une vraie question pour ceux qui prétendent arriver aux postes de responsabilité », a estimé Olivier Andriès.
Le patron de la filière défend la nécessité des aides publiques
En janvier, le dirigeant, par ailleurs directeur général de Safran, avait déjà fustigé des parlementaires ayant « perdu la boussole » et évoqué un véritable « concours Lépine pour taxer plus ». Le dirigeant a ainsi enfoncé le clou, alors que les perspectives de croissance du secteur n’ont jamais été aussi fortes, dans le civil comme la défense. « Il est important pour le pays de veiller à maintenir la compétitivité de ses entreprises, a martelé Olivier Andriès. Travailler à la bonne répartition de la richesse dans le pays constitue un souci louable. Mais il ne faut jamais perdre de vue qu'avant de la répartir, il faut quand même la créer. »