Depuis le 20 janvier, un mouvement de grève perturbe l’usine d’Eurenco, à Bergerac, qui produit de la poudre pour les obus. La CGT et Force ouvrière demandent une hausse des salaires dans ce site érigé en modèle de la montée en cadence de l’industrie de défense.« Cette réussite d’Eurenco doit servir de valeur d’exemple pour la suite », martelait Sébastien Lecornu, alors ministre de la Défense, il y a tout juste un an. C’était le 20 mars 2025, lors de sa troisième visite en deux ans sur cette usine de poudre explosive dont la nouvelle ligne de production avait été lancée symboliquement par Emmanuel Macron. Autant dire que le site d’Eurenco, à Bergerac (Dordogne), est regardé de très près par l’État et est mis en avant comme une preuve concrète du réarmement.
L’usine, plus que centenaire, avait abandonné la production de poudre en 2007 avant de la relancer en 2024 dans le sillage de la guerre en Ukraine. Deux ans plus tard, Eurenco est en mesure d’y produire 500 000 charges modulaires. De quoi alimenter environ 100 000 obus de 155 mm, ces munitions utilisées notamment par les canons Caesar.
Une 7ème grève en deux mois
Mais cette rapide montée en puissance est actuellement contrariée par un conflit social initié le 20 janvier dernier par la CGT et Force ouvrière, qui représentent 65 % des 450 salariés du site de Bergerac. Des grèves à répétition mobilisent autour de 10 % des salariés, selon FO, et davantage dans les équipes de production. Un septième débrayage s’est tenu ce 19 mars.
Ce conflit s’installe donc dans le temps alors même qu’il a déjà coûté cher à Eurenco. La direction chiffrait début mars à 8,4 millions d’euros le chiffre d’affaires décalé tandis que FO l’évalue désormais autour de 20 millions d’euros. Ce qui représenterait 3,5 % des 560 millions d’euros générés par Eurenco en 2025, un chiffre d’affaires par ailleurs en hausse de 17 % sur un an.