Hausse du budget des armées : les Français ne veulent pas être directement impactés

Le budget des Armées va être rehaussé de 430 à 436 milliards d’euros d’ici 2030.
via REUTERS - Aurelien Morissard - Aurelien Morissard

Le budget des Armées va être rehaussé de 430 à 436 milliards d’euros d’ici 2030.
via REUTERS - Aurelien Morissard - Aurelien Morissard
Alors que le Parlement a définitivement approuvé la semaine dernière la rallonge de 36 milliards d’euros en faveur du budget des armées d’ici à 2030, le portant à 436 milliards, la question de son financement se pose compte tenu du caractère plus que contraint des finances publiques tricolores.
La réponse des Français et Françaises est sans appel : ils souhaitent que cette augmentation soit financée par une réduction des autres dépenses publiques, d’après une analyse de l’Institut des politiques publiques (IPP) s’appuyant sur les données du dernier baromètre des prélèvements fiscaux et sociaux.
Plus de six personnes interrogées sur dix (62 %) se sont ainsi déclarées en faveur de cette option. Loin devant les autres pistes proposées : l’augmentation du déficit et de la dette (21,4 %), celle du nombre d’heures ou de jours de travail (18,3 %) ou celle des impôts (14,1 %).

Cette préférence pour la baisse des dépenses publiques vaut quelle que soit la perception du risque de conflit. Dit autrement : la menace qu’une guerre éclate ne fait pas varier l’avis de la population sondée.
La perception du risque joue toutefois sur l’adhésion de la population à l’augmentation des dépenses militaires. « Les citoyens sont d’autant plus disposés à soutenir un effort militaire accru qu’ils considèrent l’environnement international comme dangereux ou instable », ajoutent les experts de l’IPP.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Sans même avoir besoin d’aller jusqu’à la menace d’un conflit ouvert. Les tensions entre alliés suffisent en effet pour que la population se dise favorable à la hausse du budget des Armées. En témoigne le récent exemple quand les États-Unis ont menacé de quitter l’Otan. « La menace crée le soutien à la défense, mais la fiscalité et la confiance dans l’État déterminent les modalités de son financement », résument les auteurs.
La France n’est pas le seul pays à rallonger le budget de ses Armées. Dans un contexte de montée permanente des tensions depuis 2022, année marquant le début de l’invasion russe en Ukraine, de nombreux autres pays d’Europe ont également augmenté leurs dépenses militaires. Et de façon bien plus importante que l’Hexagone, selon les chiffres du Sipri, un institut international indépendant consacré à la recherche sur les conflits, les armements, le contrôle des armements et le désarmement.
La France a ainsi consacré 2,03 % de son produit intérieur brut (PIB) à ses dépenses militaires l’année dernière, en hausse de seulement 0,07 point de pourcentage entre 2022 et 2025. Contre une progression de 0,93 point pour l’Allemagne et de 0,70 point pour l’Espagne, entre autres.

Pour rappel, les 32 pays de l’Otan se sont engagés en juin 2025, sous la pression du président américain Donald Trump, à consacrer 3,5 % de leur PIB aux dépenses militaires et 5 % aux dépenses de sécurité d’ici 2035.
Ce sujet sera d’ailleurs au cœur d’un sommet entre les membres de l’Alliance transatlantique, qui se réunissent ce mercredi en Turquie. « Je m’attends à ce que les nations présentent des plans clairs, concrets et crédibles pour atteindre cet objectif de 5 % », a déclaré le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, alors que les États-Unis ont encore récemment accusé certains pays d’être « à la traîne » sur cet engagement.