Après plusieurs années difficiles, le motoriste Rolls-Royce a repris le chemin de la rentabilité. Et ce en bonne partie grâce au plan de transformation de Tufan Erginbilgic, qui pilote le groupe depuis trois ans. Requinqué, l’entreprise pourrait revenir dans le très lucratif segment des monocouloirs, qu’elle avait abandonné il y a près de 15 ans.Rolls-Royce est bel et bien de retour, prêt à en découdre dans la bataille des motoristes qui se profile pour équiper les avions du futur. L’entreprise britannique a présenté, jeudi 26 février, des résultats records pour l’année 2025, générant une hausse spectaculaire de son cours de bourse dès la veille. De quoi satisfaire Tufan Erginbilgic, arrivé aux manettes en 2023, lorsque l’entreprise était encore en perdition. « Notre transformation se poursuit à un rythme soutenu et avec intensité, a déclaré le dirigeant. Nous obtenons des résultats qui étaient impossibles avant notre transformation. » Et qui pourraient lui donner les moyens de ses ambitions dans l’aéronautique civile.
À savoir : participer à la motorisation des futurs monocouloirs d’Airbus et Boeing, censés succéder aux actuelles – mais vieillissantes – familles A320 et 737 entre 2035 et 2040. En clair, un marché aéronautique des plus stratégiques pour les décennies à venir. Or, les avionneurs devraient procéder aux choix technologiques de ces appareils d’ici à 2030, les systèmes propulsifs étant aux premières loges car déterminant une bonne partie des performances énergétiques des avions. Tufan Erginbilgic a reconfirmé l’attrait du groupe pour s’attaquer à ce marché des courts et moyen-courriers. Mais pour l’heure, l’industriel est loin d’être le mieux positionné.
Retour programmé dans les courts et moyen-courriers
Pour rappel, Rolls-Royce a pris la décision d’abandonner le segment des courts et moyen-courriers il y a une quinzaine d’années, pour se consacrer uniquement aux moteurs dédiés aux gros porteurs : le Trent 1000 pour le Boeing 787 et le Trent XWB pour l’Airbus A350. En 2011, la société britannique n’a ainsi pas participé à motoriser la nouvelle génération de monocouloirs, l’Airbus A320neo et le Boeing 737 MAX. Un juteux marché dont auront in fine bénéficié les trois autres grands motoristes : le français Safran et l’américain GE Aerospace au sein de leur société commune CFM International avec le Leap, ainsi que l’américain Pratt & Whitney (groupe RTX).