ECW 2025: une table ronde sur les forces cyber militaires en cas de crise nationale a réuni à Rennes les commandants des Comcyber français, belge et suisse.
Pascale Paoli-Lebailly
Pour se préparer à un potentiel conflit, le passage à l’échelle repose sur une collaboration renforcée avec les entreprises innovantes, a affirmé le Général de division aérienne (GDA) Emmanuel Naëgelen, Commandant de la cyberdéfense, lors de l’European Cyber Week (ECW) à Rennes.
Les affaires de défense et les intérêts citoyens se retrouvent sur le terrain numérique. Dans un contexte géopolitique incertain, où la Russie démontre depuis le début du conflit en Ukraine sa capacité à mener des attaques intensives, l’écosystème français de la cyberdéfense fait bloc.
À l’occasion de la 10e édition de l’European Cyber Week (ECW), qui se déroule jusqu’à jeudi soir à Rennes, capitale d’une région Bretagne devenue la première région de cybersécurité et de cyberdéfense en France (hors Île-de-France), les acteurs stratégiques engagés dans la cybersécurité, la cyberdéfense et l’IA de défense ont réaffirmé l’importance d’une cyber-lutte d’origine nationale, à dimension européenne.
Pour être prêt à un combat de haute intensité qui pourrait arriver d’ici à trois ans, le passage à l'échelle passera par des alliances avec des partenaires militaires européens et une coopération encore plus étroite avec l'écosystème et les entreprises innovantes, estiment les acteurs.
Numérique de combat et synergies
« On ne peut pas équiper de cyber-combattants sans les entreprises privées », a ainsi souligné le Général de division aérienne (GDA) Emmanuel Naëgelen, Commandant de la cyberdéfense des armées (Comcyber) depuis le 1er août 2025, lors d’une table ronde sur lerôle des forces cyber militaires en cas de crise nationale.
« Mon sujet à moi, c’est le combat dans le cyber espace. Le numérique est prioritaire pour les armées. Pour commander leurs opérations, elles s’appuient sur le numérique, des postes de commandement, des systèmes d’armes jusqu’aux fantassins. Donc, on a besoin d’un numérique de combat, exigeant et capable de résister à une menace, notamment sur nos systèmes d’information, mais qui nous permette aussi d'être offensifs », avait rappelé peu avant, lors d’une conférence de presse, le patron du Comcyber dont la place forte est à Rennes.
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Le quartier Stéphant, où sont regroupés la quasi-totalité des combattants du Comcyber (500 personnes) doit encore monter en puissance. La loi de programmation militaire 2024-2030 prévoit un peu plus de 4 milliards d’euros pour la cyberdéfense, et devrait permettre au ministère des Armées d’accroître ses effectifs de 1.000 cyber-combattants, en plus des 4.900 qu’il compte déjà dans ses rangs.