EXCLUSIF. Le fleuron toulousain du NewSpace veut fabriquer un satellite par semaine d'ici à 2027 et s'attaquer au grand export.
U-Space confirme sa place de fleuron prometteur du NewSpace européen. La start-up toulousaine annonce à La Tribune ce mercredi 12 novembre avoir bouclé une levée de fonds de 24 millions d'euros auprès des investisseurs Blast, le fonds Definvest du ministère des Armées, géré par Bpifrance, et Expansion aux côtés de Primo Capital via son fonds d’investissement Primo Space, Karot Capital, ARIS et Vertech Finance.
Des investisseurs privés plus exigeants
Fondée en 2018, le fabricant de satellites avait réalisé un premier tour de table de sept millions d'euros en 2022 auprès notamment du fonds Definvest. « Ces fonds ont renouvelé leur confiance dans le projet. Par ailleurs, de nouveaux investisseurs sont entrés au capital à l'image du fonds italien Primo Capital, le premier fonds européen dédié au spatial », commente Fabien Apper, président de U-Space.
À l’origine, la pépite ciblait quinze millions d'euros mais elle a réussi à obtenir un soutien plus important des investisseurs. Une performance notable alors que les fonds privés deviennent plus exigeants avec les acteurs du NewSpace, ce qui peut en mettre certains en danger.
« Nous avons connu une première vague d'investissements jusqu'à la bulle, en 2021-2022. Nous devons donc être conscients que les investisseurs connaissent désormais mieux les spécificités de ce secteur » , faisait remarquer lors du dernier Space Forum organisé par La Tribune en septembre dernier Xavier Llairo, co-fondateur de Pangea Aerospace et par ailleurs membre de l'association des acteurs du NewSpace Young European Enterprises Syndicate for Space (Yeess).
« Dans ce contexte, il est plus compliqué de lever de l'argent. Il faut davantage justifier, avancer des arguments que par le passé. Arriver à réunir une belle somme avec plusieurs nouveaux entrants montre la confiance et le potentiel dont dispose U-Space », salue Fabien Apper.
Newsletter
L’Alerte La Tribune
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.
Avec ce nouveau tour de table, la startup entend accélérer son processus d'industrialisation. U-Space a ouvert l'an dernier à Toulouse la première usine en France dédiée à l'assemblage de nanosatellites. « Pour le moment, nous savons fabriquer un satellite en l'espace de quelques mois. L'objectif est d'atteindre un par semaine en 2027 avec pour ambition à terme de monter jusqu'à un par jour », indique l'entrepreneur. Actuellement, l'entreprise reçoit toute une panoplie de composants via un réseau de fournisseurs, ces équipements sont ensuite soudés en salle blanche et les différents câbles connectés au satellite.