REPORTAGE. En attendant de lancer la construction de son usine en Gironde et de boucler une levée de fonds décisive, Flying Whales continue de peaufiner les composants de son futur dirigeable géant. À commencer par ses moteurs électriques testés à Bayonne.Soudain, l’hélice, filmée par une caméra, se met à tourner. Et les visages s’ornent d’un sourire. Celui de Vincent Guibout, directeur général de Flying Whales, au premier chef : « C’est toujours un grand moment de voir des parties de notre futur dirigeable fonctionner. Nous avons huit bancs d’intégration pour tester l’ensemble du dirigeable, en France et au Québec. Ici, à Bayonne, nous testons notre propulseur électrique de 250 kilowatts, à comparer aux 50 à 100 kilowatts des moteurs d’une voiture électrique. C’est un concentré de technologies unique en France et dans le monde, mis au point avec nos partenaires », explique-t-il, venu du siège de Suresnes (Hauts-de-Seine) pour l’occasion.
Parmi les partenaires, la société bayonnaise Akira Technologiques occupe un rôle de premier plan : c’est elle qui a conçu la boîte de vitesses du propulseur, qui supervise les tests menés dans le Turbolab, la plateforme technologique dédiée aux systèmes de propulsion aéronautique innovants créée l’an dernier par cette société, l’école d’ingénieurs Estia et la communauté d’agglomération Pays basque. C’est elle aussi qui a assuré le montage de toutes les pièces imaginées par les membres du consortium : Serma Group, Brightloop, Amphenol Sefe et l’institut de recherche CEA-Lite.
Deux semaines de tests
« Nous travaillons depuis 2022 à la fois main dans la main et chacun sur notre partie de ce propulseur – la boîte permettant de réduire la vitesse du moteur de 8 000 à 1 000 tours par minute pour notre part - dont nous avions déjà pu tester des paramètres grâce à son jumeau numérique. Ces premiers tests nous permettent d’observer l’effet des vibrations ou encore de la montée en température », explique Guillaume Zeyssolff, responsable du projet chez Akira Technologies, pointant vers les différentes lignes défilant sur l’écran de contrôle.
Cette première série de tests, qui a duré deux semaines, sera suivie d’une seconde salve en mars prochain, cette fois avec l’hélice en carbone et de taille réelle, soit quatre mètres. « L’étape suivante sera la construction du premier prototype à taille réelle, de 200 mètres, dans notre usine à Laruscade (Gironde). Nous devrions avoir le permis de construire en novembre et tablons sur un début de travaux en janvier pour une mise sur le marché en 2029. Soit douze ans après la naissance de l’entreprise, ce qui est une durée classique dans le monde aéronautique », rappelle Vincent Guibout.